L'Origine et le Changement

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 Sable fin et senteurs exotiques

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Akham Mogoa
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MessageSujet: Sable fin et senteurs exotiques   Sam 7 Avr - 9:42

Le noir et le froid avaient cédés leurs places et les attaques à la lumière et aux douces étreintes d'une mer fraiches que l'atmosphère lourde d'un orage en préparation rendait presque chaude. Nageant sous les flots avec aisance et liberté, Akham finit par émerger entre les vagues, semblant s'envoler dans les cieux avant de retomber sur le sable de cette magnifique plage, redevenu totalement humain. Les derniers signes de sa transformation se rétractaient actuellement à l'intérieur de son corps, nageoire translucides et écailles poissonneuses grises.

Un petit coup d'œil par dessus son épaules pour voir ce que faisait le navire qu'il avait emprunté pour arriver jusqu'ici. Il partait. Tant mieux. Les humains il en avait ma claque. Ce qui commandait ce rafiot pourri n'avaient même pas voulut s'approcher trop près de l'île, sous couvert de superstitions et de terreur liées aux êtres soit-disant monstrueux et mystérieux qui vivaient sur cet archipel. Sombres crétins. Cela avait forcé Akham à se laisser tomber à l'eau et à nager jusqu'au rivage où, parait-il, une nouvelle vie lui serait offerte. Cette fois, ce n'était pas une chute irréfléchie dans les bras de la grande bleue, il c'était préparé au potentiel froid de la mer. Mais la température était resté agréable.

Ce détournement de la tache blanche que formaient les voiles du navire, Akham regarda le sol à ses pieds. "Sable". Quelle étrange sensation! Sa colle aux vêtements mouillés, c'est amusant. Après avoir épousseté son grossier pantalon de toile grise, le jeune incube ferma les yeux, ceint son esprit, et humecta l'air ambiant. Tant de senteurs et d'effluves! Celle de la mer, de la plage et de la forêt qui lui faisait face. Ha! Quel bonheur! Tout semblait si sauvage ici, si pure! Pas d'odeurs abjectes de villes humaines où s'entassait cette race. Mais le mieux de tout, c'est qu'ici il n'y avait pas de religion. Pas de Culte. Pas de guerre. La Paix.

Et la connaissance. Eowen le Druide était là. Sur cette archipel. Maintenant à Akham de le trouver et d'apprendre le secret de ses origines.

S'enfonçant dans la forêt, le jeune Incube se sentait aussi inculte qu'un nouveau-né, mais restait aux aguets, comme une proie se doutant qu'un prédateur l'épiait, à travers les fougères. Et comme le prédateur qu'il était lui-même, il restait prêt à réagir à la moindres menaces. Ce n'est pas parce qu'un Elfe poète lui à dit que ses questions trouveraient des réponses ici que cela voulait dire que l'île n'était pas dangereuse.
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Sam 21 Avr - 17:30

[hrp : Hell how, c'est mon tour de te faire la meujeutisation ! J'espère que ça te plaira :)]

Akham marche maintenant depuis un bon moment. D'abord sympathique, la petite végétation de bord de plage a tôt fait de se compliquer un jungle affamée, peuplée de moustiques et de bestioles multipattes qui se faufilent sous les larges feuilles cirées des plantes en pagailles. Mouvements craquants en périphérie de vision, atmosphère torride, volatiles irritants, odeurs entêtantes de vase, de tourbe et de décomposition d'humus chargé. Akham a peut-être mis le pied sur la piste du druide, mais pour le moment ça semble broubeux comme plan !

Sa progression est lente et pataugeuse mais sa soif de découvertes naturaliste pourra être étanchée pour un moment. Il y a tellement de bestioles à plume, à piques ou épiques qui disparaissent sous ses yeux qu'il n'aurait pas assez de place sur la plage pour toutes les dessiner dans le sable. Et c'est sans compter les plantes, les champignons et autres cailloux colorés qui jalonnent son périple.

Vadrouiller comme ça au hasard dans la jungle c'est bien. C'est même sans doute très bien. Mais il va venir un moment où des choses simples vont se compliquer. En bref : manger / boire / dormir.
Des préoccupations qui devront bientôt être mise à l'ordre du jour. Car même pour un métamorphe, se taper 200 toises de natation laisse quelques séquelles dans les muscles.

Mais alors que l'incube plonge avec un délice douteux le pied dans une flaque gluante, il repère une couleur vive entre les troncs noueux. Un éclat écarlate, quelque chose de trop homogène pour être une fleur. S'il s'en rapproche, il pourra constater qu'il s'agit d'une tunique. Plutôt élégante, brodée de petits motifs dorés sur les manches courtes et le col. A chaque bout, en émergent, voyons : deux bras fins et bronzés, deux jambes fines mais musclées, une tête napée de cheveux blonds.
Une femme, une femme magnifique d'ailleurs, est assise entre les racines saillantes d'un palétuvier. Peut-être est-elle elfique. Elle a en tout cas dans les formes de son corps une mesure particulière de séduction que l'on trouve rarement chez les humaines. Preuve s'il en fallait qu'une fois encore, la qualité prime sur la quantité, même dans les attributs féminins.

Oui, une exemplarité de beauté.

Vraiment.

Son seul défaut, pour le moment. C'est ce chapelet de saucisse qu'elle tient au creux du ventre et qui, si on s'en approche, se révèle être un amas de boyaux encore fumants. Les siens en fait.

Elle est morte. Eventrée. Et y'a pas longtemps.

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Akham Mogoa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Dim 22 Avr - 0:30

La boue? Négligeable. On est dans une forêt assez humide après tout, alors que le sol soit boueux n'étonne guère le jeune incube. Il avait passé toute son enfance dans un village paumé en plein milieu d'une forêt dans laquelle il passait de nombreux heures pour jouer ou s'entrainer à la transformation. Sachant qu'en plus on se situais à l'ouest assez pluvieux de Démeria, la forêt subissait fréquemment les assauts de la pluie. Et on ne parle pas ici de petits crachins qui dure quelques minutes, non! Quand il pleuvait, c'était de véritables déluges, ceux qui illustrent parfaitement l'expression "pleuvoir comme vache qui pisse".

En fait, la seule donnée qui changeait la donne dans cet environnement, c'était la chaleur. Chez lui, l'atmosphère était humide, mais froide. Ici, elle est humide et chaude. C'est ce changement qui le perturba initialement. Mais il eu tôt fait de résoudre le problème de la chaleur (et des moustiques) en changeant sa peaux et son métabolisme pour adopter ceux des lézards et des serpents. Devenu écailleux, son épiderme était protégé des attaques des insectes suceur de sang, et le sang devenu froid permettait de mieux résister à la chaleur ambiante, puisque c'est cette dernière qui réchauffait le corps du jeune incube.

Il s'enfonce ainsi toujours plus profondément dans la jungle. Allez, avec un peu de chance il va bien finir par tomber sur un village, ou une ville, ou une maison isolée, qu'importe ! Tout ce que voulait Akham, c'était une personne capable de parler qui pourrait lui indiquer le chemin vers la civilisation où il trouverais sûrement des indices le menant à son graal : Eowen, le premier Dru-Yiddes. Le mystère de ses origines ... Au fond, voulait-il vraiment les découvrir? Cet Elfe lui avait dit d'aller dans cet archipel, et le jeune homme avait obéit, car au fond où pouvait-il allez, sinon? Les nains sombrait dans la guerre, toujours d'après les parole du Maitre-Poète, et Thalun était la seule carte que pouvait jouer l'incube. Hergor étant un nain, l'ex-pirate aurait peut-être put tomber sur une de ses connaissances, où attendre dans un port qu'un navire portant le nom de Zéphyr n'accoste. Quelle sacrée surprise cela aurait put être pour les membres d'équipages que de voir revenir tranquillement sur le pont ce jeune homme qu'ils croyaient mort, perdu dans les ténébreuses eaux d'une mer en furie. Il aurait été voir Embrun et lui aurait posé cette simple question : y'à t-il de la place sur votre navire pour un matelot de plus? Elle aurait sûrement accepter, car des capacités comme celles d'Akham n'était pas négligeable sur un navire, d'après ses conclusions personnelles. Et puis il y avait Mousse. Son petit frère. Il devait le retrouver. Mais s'il voulait l'aider, il devait comprendre comment. Et pour répondre à la question comment, il fallait répondre à "ou" et à "quoi". Qui était-il? D'où venait-il? Avec les explications du Premier des Amants de la Faune, il pourrait aider son petit frère.

Donc oui, il voulait ses réponses.

Mais avant, il fallait trouver une personne qui lui dirais où était Eöwen. Et celle sur laquelle il venait de tomber ne risquerais pas de lui donner la moindre information. D'ailleurs, les circonstances de sa mort, des plus suspectes, exacerbèrent les sens de l'Incube. Scrutant les alentours, guettant un potentiel ennemi ou monstre qui surgirais des fourrés pour se jeter sur lui, Akham se rendit rapidement compte que dans cette jungle, il ne verrais jamais la mort arriver.

Qu'à cela ne tienne, il la sentirais ! Il avait déjà adopté le sang et la peau des serpents, il pouvait continuer sur cette lancée en prenant pour modèle leur capacité olfactive. Les serpents, en effet, "sentent" avec leur langue. Les molécules odorantes se trouvant dans l'air entrent en contact avec la salive de la langue bifide, ce qui aide le serpent a "gouter" l'air, et donc à sentir des odeurs. Ainsi ils reconnaissent leurs proies. Puisque la langue est scindée en deux, la partie qui recevait le plus de molécules odorantes indiquait la direction d'où venait la proie ou le prédateur. Puissante, la langue différenciait les odeurs, même si elles étaient aussi nombreuses que celles de cette environnement de senteurs innombrables.

Certains serpents ont des petits orifices sur le bout du nez, a ne pas confondre avec des narines qui leurs permettrait de sentir des odeurs. Ce sont en fait des thermos-détecteurs, qui les aident a savoir si une proie ou un prédateur à sang chaud est présente ou si elle est passée à l'endroit où le serpent se trouve sur le moment, et par où la créature qu'il cherche est partie. C'est pour cette raison qu'il est impossible pour une proie de fuir un serpent, car les odeurs et sa chaleur corporelle le trahiront. Nombres de rongeurs se sont ainsi enfuis et trouvés refuge dans leur terrier, sans se rendre compte qu'il se piégeait eux-même puisqu'il conduisait le chasseur directement chez eux, là d'où ils ne pourront fuir.


Oui, on était les maitres incontestés de la transformation animale sans en savoir un minimum sur les dits animaux. Bon, on pouvait également continuer sur la lancée en traitant du fait que ces reptiles étaient également capables de sentir les vibrations du sol, mais étant donné que le jeune homme ne touchait celui-ci qu'avec ses pieds, les vibrations qu'il sentirais seraient trop faibles pour être d'une quelconque utilité ici. Pour cela il faudrait qu'il imite la forme de la naga qu'il avait tué sur cette plage. Mais pas maintenant.

Sortant donc sa langue de sa bouche, et son nez se rétractant pour ne devenir plus que deux fentes au milieu de son visage, le démerien chercha des signes de la présence du responsable du massacre qu'il avait sous les yeux. L'esprit en alerte, il était prêt à réagir aux moindres signal.

Il n'avait pas survécut au massacre de son village, à la maltraitance des Pjeyhs, à sa capture par les Originels, au combat contre Al'Manhir, à sa chute dans l'océan glacial et à un duel à mort contre la femme-serpentine pour crever sur cette île où on lui avait promis des réponses aux questions existentielles qu'il se posait sur sa race et ses origines.


Dernière édition par Akham Mogoa le Dim 13 Mai - 15:26, édité 1 fois
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mar 8 Mai - 15:05

Debout dans la mangrove, Akham ausculte les lieux méticuleusement en quête d'indices. Mais dans une jungle à la merci du chaos des règnes végétaux et animaux, rien n'est moins facile que de repérer quelque chose d'inhabituel. Le champ de vision est trop étroit pour bénéficier d'une vision d'ensemble et il y a ce sempiternel bruissement d'insectes pour assourdir les tympans. Certes, il peut voir quelques feuilles grasses luisantes d'humidité s'incliner un instant sous le passage d'un lézard bleu. Il pourra entendre une brindille craquer. Une respiration sourde… peut-être ?
Mais rien qui puisse se rapporter à une éviscération nette et récente. Le corps de la fille ne semble d'ailleurs pas amoché outre mesure. C'est comme si la défunte était arrivée en cet endroit et s'était assise tranquillement avant que quelqu'un ou quelque chose ne lui fouille le ventre. Les bords de la plaie eux-mêmes méritent cependant un examen attentif. Pas de déchiquetures, pas de morceaux irréguliers, pas de griffures périphériques. La blessure est nette. Un coup de lame maître. Ce ne peut être l'œuvre d'un animal. Aucune griffe, aucune dent n'est capable d'une entaille aussi longiligne.

Et tandis qu'Akham est en train de tourner sur lui-même pour chercher ce qu'il peut, il pourra sentir comme un étau de moiteur se refermer sur lui. Non, ce n'est pas de la sueur, sa peau modifiée ne le permet pas. Non, c'est autre chose. Une oppression palpable. Et tout aussi subitement, il remarque le silence de mort. Les couleurs de la jungle sont-elles plus fades ? L'odeur entêtante de la terre humide est-elle plus diffuse ? Depuis quand le soleil s'est-il voilé ?

Son instinct partagé ne mentira pas au métamorphe. L'environnement tranquillement hostile est en train de se changer en milieu mortellement hostile. Pendant quelques battements de cils, c'en devient même intolérable. Un sifflement. Une saturation dans les aigus. Rien en vue ! D'où vient ce son ? Les muscles d'Akham réagiront par des tressaillements incontrôlables, comme pris d'épilepsie. Mais avant que le proto-serpent ne se retrouve à baver dans la boue sous les convulsions, la pression disparaît.

Les sensations affluent à nouveau ! Joyeux fourmillement sous la peau. Il retrouvera la chaleur du soleil sur son visage altéré, l'air chargé et riche dans ses poumons, la saveur cuivrée du sang dans la bouche, le plaisir plein du sol sous ses pieds et…

La saveur du sang dans la bouche ?

En baissant les yeux, ou en remontant les mains, ou en faisant les deux, Akham aura un début de réponse. Une couleur carmin macule ses doigts. La tâche se répand à partir de son ventre. Une estafilade fine qui pisse déjà du précieux liquide vital. Il est blessé ?! Mais comment ? Pas gravement apparemment, puisqu'il tient sur ses guibolles. Non en fait, il s'agit à peine d'une égratignure dans le gras. Mais le procédé est bien plus inquiétant que le résultat. Qui ou quoi ? Comment et pourquoi ? Et surtout que faire…

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Akham Mogoa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mar 8 Mai - 17:52

Là, cela devenait intéressant. Un nouveau combat à peine venait-il d'arriver sur l'île. Que devait en penser Akham ? Soit c' était la malchance qui le poursuivait de ses fatales avances, soit c' était le signe qu'il était actuellement sur la bonne voie. S'il en venait à accepter le premier cas, ce sera la colère qui s' emparerais de lui. Dans l'autre cas, se sera l'adrénaline et l' intense joie d'une chasse dans laquelle on ne saurait qui était le chasseur et qui était la proie.
Certes, son adversaire avait un avantage de poids : il restait invisible aux sens de l'incube. Il savait où était Akham, alors que ce dernier n' avait aucune idée de l' endroit où se trouvait son assaillant. Il était largement désavantagé. Car il était à peu près certain que son adversaire était une créature intelligente, de celles que l'on dit nées du Changement, et qu'il avait en sa possession une arme terriblement tranchante. S' il était véritablement un humanoïde, alors il connaissait parfaitement le terrain, et aurait très bien put installer des pièges.

Akham était définitivement une proie.

Et quelle proie ! Pauvre chasseur, tu n' a aucune sur quoi tu viens de tomber. Histoire de montrer que jamais le jeune homme ne se fera tuer aussi facilement, il porte là main à l' entaille sur son ventre et là passe lentement dessus. En enlevant sa paume, on constate qu' il n' y a plus trace de blessure.

-Cicatrisation accélérée ... Chuchote t-il. Encore une faculté qu' il vient d'emprunter aux reptiles, et plus spécifiquement aux lézards. Ces derniers avaient la faculté de pouvoir spécialiser leurs molécules, permettant ainsi à celles-ci de reproduire à l' identique tout ce qui avait été enlevé au corps, que de ce soit des tissus corporels, des muscles ou des os. C' est de cette façon qu' ils arrivaient à faire repousser leur queue ou leur patte si elle venait à être tranchée. Entre cette faculté et le pouvoir des Incubes, la cicatrisation était aussi rapide que la pensée.

Quand au chasseur, s' il voulait la guerre, il allait l'avoir.

La magie n' avait que deux limites : le savoir et l' imagination. Et cela était d' autant plus vrai en ce qui concernait le pouvoir des Incubes, car il ne pouvait imiter que ce qu' ils comprenaient et ce qu' ils pouvaient imaginer.
Maintenant, prenez la capacité des serpents à sentir les vibrations grâce aux capteurs sensoriels qu' ils ont sur peau. Transposez ce fait sur le corps d'un humanoïde. Vous obtenez alors un être capable de sentir tout les mouvements, qu'ils proviennent du sol ou de l'air ambiant. Si un ennemi arrive, alors l' Incube sera capable d' anticiper et de créer des épines capables de transpercer l' assaillant. Ce sera un tout petit peu plus long que le temps qu' il faut à l' information de parcourir le système nerveux.

Mais il y' avait un espoir. Si l' invisible ennemi était bien un humanoïde, alors il devait sûrement être possible de communiquer avec lui.

-Ok, tu est très doué. Mais je ne suis pas d' humeur à jouer. Cria donc le jeune homme d' une voix ferme. Tu aurais très bien put me tuer à l' instant, et même bien avant, mais tu ne l' a pas fait. Je ne recherche pas l' affrontement, je ne poursuit aucun bût belliqueux. Si j'ai traverser tes terres, soit assuré que je m'en excuse. Indique moi la route à suivre pour quitter ton territoire. Je ne recherche qu' une seule personne en ces contrées, celui qui fut connu sous le nom d'Eowen, le Premier Druide.

On pouvait toujours rêver, non ? Akham avait beau avoir la vingtaine, il restait avant tout un rêveur. Peut-être sera t-il forcé de se réveiller dans l' instant suivant, ou bien le rêve allait-il se poursuivre. A présent, c'était aux dieux d' en décider.
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mer 9 Mai - 5:34


Injonction haute et claire, sans doute un peu folle mais en tout cas téméraire de la part d'Akham. Mais que son mystérieux attaquant l'ai entendu et compris ou non, ça revient au même. Pas la moindre manifestation ne vient accueillir la déclaration du métamorphe.
Son seul auditoire semble être la nuée d'insectes piqueurs, suceurs, lécheurs qui bourdonnent frénétiquement autour des fleurs les plus olfactives. Quand à la jeune femme à ses pieds, elle n'a évidement rien à dire.

Ce petit jeu aurait pu durer encore longtemps sans l'intervention d'une grevillea robusta au port déployé et dont les grandes feuilles dentelées se courbent jusqu'au sol. Bref, la grosse plante verte du fond se met à bouger. Et cette fois de manière un peu plus désordonnée que pour le passage d'un lémurien local. C'est quelque chose de plus gros. Ah le voilà enfin, ce prédateur brumeux !

Les feuilles s'écartent et apparaissent par ordre de succession une lame crantée salie et ternie, une botte rapiécée mais robuste, une main enroulée de lanière de cuir, un bras bronzé, une tresse de cheveux entortillés à la diable, une paire d'yeux jaunes et jeunes, une dentition impeccable et quelques breloques suspendus à des liens de cuir qui tintent contre une poitrine musclée.

Tout ça mis bout à bout et dans le bon ordre, on obtient un homme de petite taille, costaud mais pas trapu avec dans les jambes une souplesse féline et dans le regard une ruse de rongeur affairé. Vu son attirail de cuir un peu rustique et les nombreux colliers fétiches, le gaillard a plutôt l'air du genre tribal. Il apparaît devant Akham sans être menaçant mais en gardant tout de même son espèce kukri dressé en travers du buste.

- Silencio étranger ! Vous voulez vous faire tuer ou quoi ? Il faut être complètement cinglé ou particulièrement convaincu de sa force pour brailler comme ça dans une jungle.

L'homme parle avec un fort accent chantant qui n'est pas sans évoquer celui des marchands d'Athe, pour peu qu'Akham en ai déjà rencontré. En tout cas, sa mise en garde semble prouver que ce n'est pas lui qui a attaqué l'incube. D'ailleurs, son arme ne pourrait pas infliger des blessures nettes. Elle est à la fois trop usée et trop dentelée pour ça.

Sans rien demander, il se déporte de quelques pas et s'accroupit devant la défunte. Gardant un œil sur Akham, il passe une main chagrine sur les traits parfaits de la demoiselle pour lui fermer les yeux et soupire.

- Aaaah Felicseria. C'était sans doute la dernière coquetterie que tu pouvais t'offrir. Mais ce collier de chair ne ta va pas si bien pour le prix qu'il t'a coûté. Dors bien hermosa hermana.

Sa petite oraison funèbre accomplie, il se relève et rengaine carrément son arme à la ceinture avant de tendre la main d'un air amical.

- Je suis Javier Seltero, de la maison Balaïtous, Cuir et Vin Fins. On s'est échoué sur ce caillou il y a trois mois. Et depuis on survit.

Il jette un œil au cadavre avec un mimique désolée.

- Plus ou moins bien.

Un raclement de gorge.

- Mais je suis content de vous voir, basta oui ! Je savais qu'on viendrait nous chercher ! Vous avez accosté où ? J'ai pas vu votre navire sur la plage.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Ven 11 Mai - 21:41

Un petit silence, lourd de menaces de la part du jeune homme, s'installa suite aux paroles de l'individu. Lorsque, enfin, Akham ouvrit la bouche, ce fut pour répliquer d'une voix aussi sombre que l'était son humeur depuis l'arrivée de son interlocuteur :

- Je suis arrivé sciemment sur cette île, et dans un bût précis, avec la recommandation de Celandil Eowandir, le Maitre Barde. Vous, vous vous êtes contentez de vous échouer. S'il y' a un étranger, ici, ce ne sera certainement pas moi.

Sur ce caillou ? Il venait de traiter l'île première des Elfes, leur île-capitale, de caillou ? A ce mot, les sourcils de l' incube se froncèrent dangereusement, tandis que son regard se voila d'un mépris.

- Vous êtes sur cette île depuis trois mois, et personne n'est venu à votre aide ? Cela fait près d'une centaine de jours que vous vous êtes échoués, et rien, pas même les Elfes qui y habitent, n'est arriver pour vous sauver ? Mon pauvre homme, ne pouvez vous le deviner vous-même ? Les Elfes ne veulent pas de vous ici.

D'un geste vif, il pointe son index en direction du cadavre de la jeune femme, apparemment condamné à pourrir sur place puisqu' aucune tombe décente ne lui sera accordée. Mieux en valait-il ainsi, que sa dépouille nourrisse les bêtes qu'elle avait certainement dut tuer et manger pour survivre aussi longtemps, et que l'équilibre soit rétabli.

- Vous n'êtes même pas affecté par sa mort. Aussi en déduis-je qu'elle n'est pas la première à subir le même sort. On vous élimine. Si vous êtes là depuis aussi longtemps, j'imagine que vous avez monté un camp. Si tel est le cas, vous avez probablement profanez leurs terres, ce qui serais la cause de ce qu'il vous arrive. Alors le mieux que vous puissiez faire, c'est de vous installer sur la plage et de faire un feu avec vos propres effets. Ne touchez pas à la forêt, à cette "jungle", comme vous l'appelez. Un bateau m’a emmener ici. Avec un peu de chance, il verra la fumée que vous faites et vous ferra quitter cette île que vous n'auriez jamais dut fouler de vos pas. Vous n'en êtes pas digne.

Sur ce il se retourne, sans plus adresser aucun regard à ce personnage grotesque. La dernière chose qu'il lui dit fut :

- Je ne vais certainement rester avec vous si les Elfes ne veulent pas vous rencontrer.

Aucune peur ne traversait l'esprit du jeune incube. Pourquoi en éprouverait-il ? La seule menace directe se trouvait être ce marchand et son épée rouillé qui ne traverserait même pas sa peau d'écaille. Tout ce que cette lame fera, se sera de se briser ou de recourber à l'impact. Et cela, ce ne serait que dans le scénario où l'individu arriverais à toucher Akham. Capable de détecter les ondes du sol, il le sentirais approcher et réagirais en fonction de ce que son système nerveux ressentais.
Levant sa main en signe de salut, il rajouta :

- Au pire si aucun navire ne viens, attrapez des tortues et attachez les ensemble avec des cordes faites à partir des poils de votre dos. Qui sait, vous pourriez peut-être vous en faire un radeau ?

Et il disparu dans la broussaille, laissant l'homme seul avec son cadavre de femme.
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Sam 12 Mai - 7:39


Pétrifié par la réaction incendiaire de l'incube, le dénommé Javier reste immobile, la main encore tendue vers le vide. Voilà qu'on lui demande de faire un radeau avec des poils… y'a de quoi rester médusé.

Il finit par pivoter sur un pied pour reprendre Akham dans son champ de vision et rengaine sa main, son air amical et même son accent athéen. Mais quoiqu'il puisse dire, Akham n'en perçoit qu'un vague murmure. Et s'il se retournait, ce serait pour constater le départ du marchand de "cuir et vin fins de la maison Balaïtous". Peut-être va-t-il mettre en pratique les précieux conseils du jeune débarqué quand lui-même est parvenu à survivre en milieu hostile pendant trois mois.

Peu importe, Akham continue sa route. Et pendant de longues heures de progression, il ne trouve aucun trace ni de civilisation elfique, ni de sentier, ni même de petite construction ésotérique propre à renfermer quelque mystère. La mangrove est toujours aussi épaisse, moite et peuplée d'une théorie de petites bestioles qui détalent, piaillent ou ignorent complètement le passage du métamorphe.

Et finalement, à la tombée de la nuit, il perçoit une modification dans l'ambiance ! Ah ! Un lourd grondement, du genre liquide qui s'écoule en masse. Aucun doute, quelques minutes plus tard, Akham arrive au bord d'un petit fleuve. Ce n'est pas le modèle torrentiel boueux. Non, il ressemble plutôt à une rivière paresseuse (mais tout aussi boueuse) qui sinue très lentement et dont les abords sont mal définis à cause des embâcles qui en déforment le lit.

Et comble de la nouveauté, de l'autre côté, il y a un caillou. Bien rond, bien poli par un usage artificiel. Au pied du caillou, il a un chemin de terre. Et encore mieux, à genoux sur le chemin de terre, il y a une silhouette. A distance, et avec la luminosité décroissante il est difficile de cerner les détails mais il est clair qu'elle est occupée à puiser de l'eau dans cette espèce de gouille dégueulasse.

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Akham Mogoa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Dim 13 Mai - 15:25

Tu y as peut-être été un peu fort avec ce pauvre homme ?

Rien à battre.

Ta venue le remplissait d'espoir, et toi tout ce que tu as fait, c'est de l'envoyer bouler en lui lançait tes injures aux visages !

Rien à foutre.

Il aurait put nous aider, ou au moins nous aurions eu un toit.

Rien à carrer.

Il a vécu pendant trois mois ici, il en sait probablement beaucoup plus que nous sur cette jungle !

Rien à cirer.

Mais ...

Tu veux vraiment mon poing sur la gueule ?


Bah va s'y, essaie, tiens !


La dispute s'envenima alors entre la conscience humaine et la conscience animale d'Akham, toute deux continuant leur débat à l'intérieur de la psyché du jeune homme, qui continua à marcher. A force d'avancer, il finirais bien par tomber sur une quelconque trace de présence d'une civilisation, même primitive. Arrivé à un tel stade on se moquait bien de savoir sur quel genre d'individu nous allions tomber, tant que tombait sur quelqu' un.
Mais une chose réconfortait l'âme du jeune incube : il ne se perdrais pas. Il connaissait parfaitement son odeur, et avait eu le temps de sentir et de retenir celle de machin "vins et trucs" dont il avait oublié le prénom. S'il s'estimait perdu, tout ce qu'il aurait à faire, ce serait de suivre la piste odorante qu'il avait laissé derrière lui, histoire de revenir jusqu'au cadavre de la jeune femme, puis de suivre les traces olfactives qu'aurait laissé le marchand, et ce jusqu'à son campement.
Akham ignorait si les odeurs restaient longtemps imprégnés dans cet environnement moite et chaud, mais cela le réconfortait de savoir qu'au cas où, il avait un plan de secours. Ou sinon il se retournerait et irais vers la plage. Il savait à quel moment de la journée il avait abordé cette bande sablonneuse et quel était à ce moment précis la position du soleil dans le ciel. C'était amplement suffisant pour une personne comme lui qui voyait la nature en elle-même comme une entité. He he, deux plans de secours, le voila amplement rassuré !

D'ailleurs, plus besoin de plan, car il venait de trouver une trace de culture indigène ! Bon, ok, ce n'était pas une ville, ni même une habitation, mais une route, enfin un chemin, c'était déjà pas mal. Car un chemin mène automatiquement quelque part, et ce quelque part est toujours une zone d'habitation. Comble du bonheur, une personne avait emprunté ce chemin pour aller puiser de l'eau (ou de la boue ?). Que demander de plus ?

Que cette personne soit Eowen. Quel bonheur se serait ! Après une journée entière passé dans cet environnement, s'adresser à son ancêtre serait le plus grand des réconfort qui soit.

Mais il faut faire bonne impression. Il s'agit de ne pas effrayer l'individu en l'approchant. En même temps, qui aurait peur d'un adolescent à moitié nu qui se ballade dans une mangrove comme si c'était un parc ? Sur de lui, Akham continua donc sa route, s'approchant de la rivière boueuse, restant de son côté du lit, s'accroupissant, et regardant la personne finir son travail, d'un air intéressé et amical.
Mieux valait laisser l'autre s'apercevoir de la présence du jeune métamorphe.
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mer 16 Mai - 7:29

Loin d'être Eowen s'en allant puiser sa boisson, la silhouette qui plonge ses avants bras dans l'eau pour remplir l'espèce de jarre posée à côté d'elle se trouve être une jeune femme. Le récipient qu'elle utilise pour tirer l'eau de la rivière marécageuse est assez volumineux pour en déduire qu'elle est assez robuste malgré son apparence gracile. Et lorsqu'elle verse l'eau boueuse dans la grande jarre à col étroit, son geste est aérien, délicat, comme une sommelière de vase. Elle fait chuter l'eau trouble de haut, peut-être pour l'aérer dans la manœuvre. En tout cas c'est très joli. Voilà qui pourrait correspondre à la description légendairement distinguée qui est faite des elfes ! Une race dont même les tâches quotidiennes sont empreintes d'un rituel charmant à la frange d'une pièce artistique ; même quand elles sont executées dans la fange.

La jarre remplie, la jeune femme repose son seau sur le bord de l'eau et s'apprête à se relever lorsqu'elle remarque Akham, tranquillement posé en face. Après le sursaut de rigueur, elle se fait plus immobile qu'un serpent dressé devant une menace. Le lit n'est pas très large et l'incube n'aura aucune peine à remarquer le plissement suspicieux des tatouages faciaux qui ornent son front et ses pommettes d'arabesques tribales.
Mais elle ne dit rien. Elle reste encore un peu là, sans bouger avant de décider que l'autre en fera sans doute autant. Alors elle se relève, passe le seau à une bandoulière de cuir qui passe en travers (et met en valeur les formes) de sa poitrine. Puis d'un juron paillard qui dément totalement l'affirmation selon laquelle les elfes sont toujours distingués, elle hisse la jarre pleine de flotte sur son dos et s'apprête à remonter le chemin qui s'éloigne de la rivière.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mer 16 Mai - 13:19

Bon, niveau approche sympathique, on aura vu mieux sur cette terre, mais l' objectif initial était rempli, la jeune femme ne c' était pas enfuie en hurlant comme une possédée. Restons optimiste. Si elle n' est pas partie en courant, c'est qu' elle ne craint pas le jeune incube. Si elle ne le craint pas, c' est qu'elle sait se défendre, ou qu' elle se sait défendue. Dans tout les cas, pour Akham, il faut rester calme, posé et ne pas montrer le moindre signe d' intentions hostiles et belliqueuses. Rester social, voila la maitresse consigne de cette fin de journée.

D' ailleurs, si elle était sortie, apparemment seule, alors que la nuit tombait, c' était sûrement parce qu' elle savait affronter les dangers que représentait cette humide et étouffante forêt. D' ailleurs, les tatouages qui ornent son visage semblent être la source de sa force. Une magie liée aux dessins ? Qu' elle superbe étrangeté ! Et allez savoir pourquoi, ces peintures corporelles tribales donnent au jeune homme un sentiment de proximité culturel entre la civilisation à laquelle parait appartenir la belle apparition et celle du fils des Dru-Yiddes. Tout deux vivent dans une forêt, tropicales pour elle tempérée pour lui, tout deux maitrise la magie, tout deux vivent en autarcie ...

La seule différence semble être celle du degré de raffinement entre les deux civilisations. Celle de l' Elfe l' est automatiquement plus que celle de l'adolescent, car c'est bien la première qu' il voit se genre de geste simplement pour ramasser de la boue et la mettre dans une jarre. Cet outil aussi était inconnu de l' Incube. Bien sur, dans son village aussi il y' avait des récipients, mais en terre cuites grossièrement modelés ou en bois vulgairement taillés.

C' est donc ça, une Elfe. La dernière qu' il avait vu l' avait fait plonger dans une mer et disparaitre sous les vagues tumultueuses pour se faire à moitié bouffer par un requin. Avec un tel CV a son actif, on aurais put penser que sa première rencontre avec une indigènes serait plus ... Houleuse que l' indifférence marquée sur le visage de la délicieuse apparition.

D'ailleurs, quand on y pense, toute les femmes sur lesquelles Akham tombait, quelques soit leur race, rivalisait de beauté. Une Naga, une Elfe, même la morte d' il y' à quelques heures était superbe. Un très heureux hasard ou un signe du destin ? Qu' importe pour l' instant.

Phase un, achevée. Établir un contact si possible amical, au minimum non violent avec la silhouette. Phase deux, engager la conversation tout en s'approchant d' elle.

Aussitôt, Akham traversa le lit boueux de la rivière d' un saut aussi agile qu' inhumain pour ce qu' il semblait être. Beaucoup d' animaux, du serpent l'araignée en passant par l’écureuil ou la chèvre, étaient d' habiles acrobates, capables de saut très impressionnants. Toutefois, afin de marquer une sorte de "seuil de respect" avec l'elfe, l'Incube fit en sorte atterrir à environ quatre mètres de celle-ci. Une fois délicatement posé sur le sol, il se tourne lentement vers elle, lève ses mains grandes ouvertes au niveau de son visage pour montrer qu' il n' a pas d' arme et change de nouveau sa peaux. Il abandonne sa protection reptilienne pour de nouveau avoir celle d' un humain.

Le symbole d' un tel abandon était fort pour lui, et il était plus que probable que la femme le comprendrait. En abandonnant sa peau de reptile, il redevenait vulnérable à de nombreuses attaques. C' était là le signe flagrant qu' il ne voulait rien faire contre la demoiselle.

Son regard se porte un court instant en direction de la jarre qui a arraché à l' Elfe un juron des plus discourtois. Elle l' a certainement remarquée aussi. Avec un demi-sourire un brin naïf, un brin innocent, même si les deux allaient de pair, Akham propose :

- Si vous voulez je peux vous le porter, madame. Je vous jure sur ce que j' ai de plus sacré que je ne vous veux aucun mal.

Mais prudence étant mère de sûreté, il ne c' est pas délaissé de sa capacité à sentir les vibrations du sol et de l' air. Si on voulait l' attaquer par derrière, l' assaillant deviendrais très vite l' assaillit. Quand à l' Elfe, si elle utilisait sa magie, le jeune homme réagit tout aussi rapidement.
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mer 16 Mai - 15:16

Coupant court à tout atermoiement, la porteuse d'eau rétorque d'emblée d'un ton inquisiteur :

- Nao kal darin ?

Et voilà qu'un nouveau problème linguistique se pose d'emblée. A vrai dire, pour ce qu'il en entend, la scantion pourrait être aussi bien "naok al darin" ou encore "na okalda rin". Ou pourquoi pas "naokaldarin" en un seul mot ! Bref si Akham ne peut se faire comprendre par les mots, son approche diplomatique risque d'être plus délicate que prévue. Néanmoins pour le moment, joue en sa faveur le fait que la jeune femme ne se soit ni enfuie, ni montrée agressive. Elle n'est d'ailleurs pas armée. N'ayant à son actif qu'une tunique de peau plutôt bien coupée, une ceinture, une bandoulière, une paire de sandales en corde et deux récipients.
Elle reste sans bouger pendant quelques battements de cils avant d'esquisser un pas prudent en avant dans la direction de l'incube.

- Ikki, wah.

Mmmh oui. D'accord. Elle avance encore, doucement, doucement. Puis elle passe simplement à côté d'Akham pour continuer son chemin vers ce qui doit probablement être un lieu d'habitation, quelque part au bout du chemin. Une fois encore, le métamorphe pourra regretter de ne pas avoir lié un contact plus ample avec le marchand de cuir et vins. Ces gens là sont volontiers polyglottes et un traducteur aurait été utile. Là, il faudra considérer une autre approche.

Mais avant qu'il ne puisse décider de la conduite à suivre, la fille s'arrête quelques pas plus loin, dépose sa jarre sur le sol et cueille une pousse de morgeline au bord du sentier. Elle revient vers Akham, la main tendue pour lui offrir les petites tiges aux fleurs blanchâtres. Ah. C'est une tradition ou autre chose ?
Déchargée de son fardeau, la jeune femme paraît plus grande mais également moins engourdie. Elle se déplace avec l'aisance caractéristique de ceux qui vivent dans un terrain difficile et abondement fourni en petites lianes et racines à ras le sol.
Son visage fin pourrait être celui d'une noble démérienne s'il n'était pas aussi bronzé. Et puis il y a ses tatouages qui soulignent son regard antracite. Les courbes crénelées sur sa peau sont teintées d'une alternance de noir et de bleu foncé qui d'une certaine manière rappelle les reflets de ses cheveux sombres. Mais il y a dans le tracé quelque chose qui lui confère un air sévère au niveau des sourcils et de féroce sous les yeux, sans doute à cause des terminaisons en pointes. Ce tatouage piquant est peut-être une simple parure coquette mais il fait quand même très guerrier.

- Cabera. Cabera. Ikki wah.

Elle insiste en secouant la main. Il serait discourtois de refuser le présent, si du moins il s'agit bien de ça. La porteuse d'eau passe rapidement le tranchant de sa main droite contre son ventre en faisant un mouvement de cisaille.

- Sihitak dulomortagh. Cabera o vashkenera.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mer 16 Mai - 22:41

Ouais.

D' un coup, c' est sûre que le marchand pas ému de la mort d' une amie ce fait cruellement désirer. Trois mois qu' il était ici, peut-être qu' il connaissait la langue des indigènes. Quoique ... Si tel avait été le cas, il aurait alors put nouer un contact amical avec les Elfes, et non pas se faire lentement décimer par eux. Dans l' hypothèse où l' assassin serait également un Elfe, bien entendu. Non, il n'aurait été d' aucunes utilités de suivre l' humain jusqu' à son campement, hormis éloigner Akham de son bût.

Tendant les mains pour recueillir les fleurs que lui offrait la belle Elfe et observant les gestes qu' elle faisait, l' incube devina ce qu' elle voulait dire. Ou en tout cas en avait une idée assez précise. La morgeline était en effet une plante médicinale utilisée contre les contusions. Très répandue en Démeria, on la trouve un peu partout, et ce jusque dans le village des Fils des Dru-Yiddes. En se rappelant ce qu' elle était et ce à quoi elle servait, le visage du jeune homme s' illumina d'un large sourire en même temps qu' il s'écriait joyeusement :

- Haaaa ! Oui ...

Les plantes dans sa main gauche, il les pointe de sa main droite, pour ensuite se viser lui-même de son index, précisant au passage :

- Mouron. Mou-Ron.

C'est effectivement de cette manière qu' on appelait cette plante dans son village. Aucun intérêt pour la jeune femme de connaitre son information, mais cela avait au moins l' avantage de contribuer à nouer le contact. Elle désigne son ventre en faisant un mouvement de cisaille. Oui, il avait été blessé à cet endroit, et malgré sa guérison quasi-instantanée, une marque rouge et une fine cicatrice se laissaient encore voir. Peut-être l'avait-elle remarquée, et voulait-elle l' aider à guérir. Aussi le jeune homme placa t-il les feuilles à l'endroit de sa blessure.
En signe de reconnaissance, il porte sa main droite sur son cœur, et incline légèrement la nuque.

Reste plus qu'à espérer qu' elle comprenne que cela veuille dire "merci".

Mais il reste intrigué par les marques tribales peintes sur le visage de le délicieuse femme. Aussi les pointent-ils, avant de poser ses doigts sur son propre visage, là où sont ceux de l' Elfe, la tête légèrement penchée sur la gauche, les sourcils légèrement froncés, la gestuelle totale de l’interrogation.
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Jeu 17 Mai - 9:36


La fille rentre soudainement la tête dans les épaules comme le ferait un chat pris sur le fait.

- Mouron ??

Sous sa langue, le r légèrement roulé donne une autre sonorité au mot mais c'est bien le nom qu'a prononcé Akham. Elle arbore maintenant un air étrange puisque sous ses tatouages faciaux si sévères, elle se dote d'un regard un peu inquiet. Peut-être même apeuré. Enfin quoi, elle se fait du mouron. Mais ce n'est sans doute pas la signification qu'elle prête à ce mot. Pas plus que le nom de la plante. Il est possible que l'incube soit tombé par hasard sur un homonyme.

- Nepietalavarah mouron. Kul mouron.

Là-dessus, elle joint ses deux mains et incline légèrement la tête. Evidement, elle comprend à présent que l'étrange individu qui lui fait face ne parle pas la même langue. Alors elle tente elle aussi de communiquer par gestes.

D'abord elle montre son visage, comme Akham, et suit précisément le tracé des arabesques bleues et noires. Puis elle monte deux doigts sur le côté de sa tempe et les replie sèchement avant de hocher la tête. Elle tape trois fois du pied sur le sol et présente son bras tendu vers Akham avant de se saisir elle-même le poignet et de serrer par à-coups. Puis elle récupère sa lourde jarre, la hisse à nouveau sur son dos d'une exclamation colorée et s'apprête à continuer le sentier. Elle fait d'abord quelques pas, s'arrête et regarde Akham. De toute évidence, elle veut qu'il la suive.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Jeu 17 Mai - 12:35

Si l'homme que la femme avait eu en face d'elle avait été un humain normale, la première pensée qu'il aurait eu en réponse à la réaction de l'Elfe aurait sûrement avoisinée les phrases épicées du style : " Bons Dieux, j'ai une touche, j'ai une touche ! ". Une aussi belle représentante de la gente féminine qui tiens à ce que vous la suiviez, qui vous prend par le poignet et qui s'exclame au moindre de vos mots, c' est tout ce que souhaitait les hommes lors d'une première rencontre. Seulement Akham n'était ni normal, ni humain et encore moins intéressé par d'éventuels faveurs de la part de la jeune femme. Enfin si, quand même un petit peu, ne nous leurrons pas, mais pour l'heure ce n'était pas sa préoccupation principale. Non, ce qui l'intriguais le plus, ce fut la réaction de la fille à l'énonciation du mot "Mouron".

Une plante, oui. Pas de quoi en faire tout un culte. Pas la peine non plus de joindre ses deux mains en signe de vénération comme le faisaient ces abrutis d'originels devant leur soit disant dieu. Oh, mais les changeurs n'étaient pas mieux ! Ils tuent quiconque a le malheur de s'échouer sur leurs terres. Quels belles bandes d'idiots. A quoi vénérer des êtres supérieurs qui, par leur statut même, ne s'intéresse pas aux mortels vivants ? S'ils sont supérieurs, ils n'ont rien à voir ni à faire avec les piètres âmes que les humains, les nains, les Elfes ou les Nagas représentaient à leurs yeux. La religion est une erreur. Et comme toute erreur, cela peut se corriger.

C'est pour cela qu'il ne pouvait accepter que cette femme ait pour lui des gestes typiquement religieux.

Et pourtant, alors qu'il allait corriger l'Elfe en lui précisant que ce n'était pas "mourron", mais "mouron", sans le roulement de "r", une petite voix lui intima de se taire. Et cette petite voix était ... La sauvagerie ? Son côté bestial et totalement instinctif lui ordonnait de ne pas corriger la jeune femme ?

- Elle veut que tu la suive ! Réfléchis un peu et profite ! Là tu est bien partit pour tomber sur un village. Tu veux dormir dans la jungle, à la merci des animaux sauvages, ou bien avoir un toit au dessus de ta tête, ce soir ?

Vu sous cet angle, le silence était effectivement préférable. L'incube allait donc suivre celle qui serait peut-être sa sauveuse providentielle. Mais, histoire qu'elle puisse l'interpeller plus facilement que par des mots qu'il ne comprendrait pas ou par des gestes qu'il ne verrait peut-être pas, il posa ses deux mains à la base de son cou, se désignant de la sorte et dit :

- Akham.

Bon, il s’appelait en réalité Akham Mogoa, mais étant donné qu'elle ne comprenait pas plus que lui sa langue, mieux valait lui épargner le fait qu'il ait un nom de famille en plus de son prénom. Il la suivit ensuite.
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Ven 18 Mai - 21:15


Passée la petite séance de dialogue de sourds, la porteuse d'eau ne décroche plus un mot, ni même ne fait de geste spécial dans la mesure où de toute façon elle est verrouillée à sa tâche.
Le sentier serpente un petit moment entre les amas végétaux inextricables et finit par descendre assez abruptement en direction d'une combe plus dégagée. Le sol passe progressivement de cette boue collante et douteuse à un sable fin et plus compact. Le sol moins riche a favorisé l'émergence de petits arbustes et de buissons épineux mais on trouve de moins en moins de gros troncs couverts de lianes. Il suffit d'une dénivellation, d'un bout de terrain différent, et c'est tout un paysage qui change.

Mais au-delà des considération naturalistes, Akham pourra poser les yeux sur une série de grands disques rouges dont l'alignement, pas forcément rectiligne, est en tout cas trop régulier pour être naturel. En venant du dessus, il n'est évident au premier abord de reconnaître des toits. Mais effectivement, en prenant la pente petit à petit, en faisant gaffe à ne pas déraper, sous les toits en torchis se trouvent des murs faits d'une alternance de bois et de glaise cuite. Le village n'est pas très grand. A première vue, de quoi abriter une centaine d'âmes.
A l'extérieur, des silhouettes s'activent. Tout le monde a l'air de travailler à quelque chose là en bas, tannage de peaux, confection d'outils, séchage de denrées… il y a même une petite forge. Pour ce que le métamorphe peut en juger, il n'y a pas de protection armée particulière. Il y a des mômes, des vieux et des gens vigoureux ; le village semble prospère démographiquement parlant.

Du coup, il peut entrer à la suite de la jeune femme sans être inquiété. Il y a bien quelques regards interrogateurs mais la majorité des autochtones se désintéressent totalement de l'arrivée d'un nouveau venu dans leur communauté. En revanche, tous, hommes, femmes, enfants, sont tatoués sur le visage. Les couleurs et les formes varient parfois. Akham pourra d'ores et déjà différencier trois codes différents : les courbes crénelées bleues et noires qui s'entrelacent comme celles que porte sa guide ; des lignes brisées qui se chevauchent en rouge et or ; et des cercles verts et gris qui se recoupent.

Arrivés au centre approximatif du village, la femme déverse le contenu de sa jarre dans un grand réservoir qui pourrait bien en contenir vingt comme ça. Elle se redresse, altière, et pointe vivement le doigt sur le métamorphe.

- Jal-Dar ! Jal-Dar !

Son injonction autoritaire fait tourner quelques têtes et plusieurs personnes se lèvent et commencent à se rapprocher, encerclant petit à petit le jeune gaillard. S'ils n'ont pas l'air franchement accueillants, ils ne sont en tout cas pas encore hostiles, se contentant d'une curiosité légère. Certains montrent déjà des signes de désintérêt et haussent les épaules, désireux de retourner à leurs affaires.

Quelqu'un pose une question à la fille. Elle y répond du tac au tac. Et visiblement, ça surprend. Un des hommes présents autour du cercle se décide alors à s'avancer et se tapote le bout des doigts avec une circonspection manifeste. A sa tronche, il fait partie des "cercles gris et verts". Le tatouage autour des yeux lui confère un drôle d'air étonné, comme s'il était surpris en permanence. Ça change de l'expression agressive peinte sur les traits de la porteuse d'eau.
Il hésite un peu, se racle la gorge et tente le coup :

- Vashna… tu parles démérien ?

L'accent est abominable mais après tout, c'est ce qui fait le charme des voyages.

- Et heu… tu souhaites qu'on te fasse des funérailles fleuries ?

La question est charmante. Ça sent le malentendu. Mais après tout, c'est ce qui fait l'abominable des voyages.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Ven 18 Mai - 22:14

De deux choses l'une : soit l'incube à commis une terrible et épouvantable gaffe en disant le mot "mouron" à haute voix devant la femme, car étant peut-être une insulte ou quelque autre mot tout aussi discourtois, soit , et le jeune homme espérait de tout son âme, que dans leur langue, "mouron" veuille dire "mort". Et même si cette dernière hypothèse était la bonne, il en découlaient plusieurs autres : soit il avait qu'il était lui-même mort, soit il l'avait dit à l'intention de l'Elfe, et dans ce cas avait été à l'opposé de son approche amicale. Mais il avait pointé le doigt en sa direction lorsqu'il avait dit le mot qu'il n'aurait jamais dut prononcer, donc c'était clairement de lui qu'il parlait.
Non, ce n'était qu'un malentendu.

Dieux tout puissants, même si Akham ne croit pas en vous, même s'il hait vos religions et vos suivants plus que tout autres choses sur terre, protégez-le !

Ça lui apprendra à vouloir parler de sa culture à une étrangère. Rien de bon ne sortait jamais d'un mélange de deux civilisation, même sylvestres comme l'était celle des Incubes et celles des Elfes. La prochaine fois il fermera tout simplement sa bouche et se contentera d'accepter la fleur comme un gentil garçon qu'il était. Enfin gentil ... L'image du corps décapité et démembré du capitaine du navire dans lequel il avait été emprisonné pour être conduit jusqu'à l'île originel lui revint brusquement en tête. Tout autant que sa tentative de viol sur la personne de Constance alors qu'il était bourré. Gentil n'était donc peut-être pas le mot exacte pour qualifier sa personnalité, mais au moins n'était-il pas méchant par nature.
Oui, mieux valait faire profil bas dans cette situation et de ce conduire en personne calme. Il était là pour trouver des réponses, pas du sang ni sa propre mort.

Et pourtant, entendre l'homme qui lui faisait face parler sa langue lui redonna l'espoir autant que le sourire. Voila qui pourrait aider les choses, et les faire aller dans le bon sens. La chance semblait lui sourire ces derniers temps, malgré le petit malentendu autour de ce fameux mot.

- Oui, je parle démerien, répondit-il d'un voix aussi apeurée qu'excité.

Bah oui ! On ne rencontre pas des Elfes tout les jours, après tout. Si en plus c'est un village que vous cherchez, tomber sur celui-ci et sa centaine d'habitant sera votre Graal.

- Si j'ai dit quelque chose de mal, je m'en excuse. Je ne voulais pas me montrer impoli, vous savez ? Cette jeune femme m'a tendue une fleur, dans les deux sens du terme, et j'ai simplement voulut lui dire comment elle s’appelait là où j'habite. Croyez-moi, il n'y avait aucune malice ni animosité dans mes propos.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Sam 19 Mai - 5:25


L'homme torse nu sourit en coin. Il se tourne vers ses compatriotes et dit quelque chose qui fait éclore quelques rires. Il secoue son crâne chauve et acquiesce plusieurs fois comme à un non-dit, ou à une bonne blague. Il reprend doucement.

- Purée, ça fait longtemps que je n'ai pas parlé démérien. Je n'ai pas compris la moitié de ce que tu as dit. Il faudra parler plus doucement s'il te plaît.

Puis il relève son index et étrécis les yeux, en quête de son vocabulaire et des tournures de phrases pour emboîter tout ça correctement.

- Je… heu… je suis Jal-Dal !

Il bombe le torse, tout content de lui. A ce stade, la plupart des curieux se sont dispersés mais il en reste une poignée d'enthousiastes qui commentent l'échange dans leur propre idiome. L'une d'entre eux est assez enhardie pour crier quelque chose au dénommé Jal-Dal avant de pouffer comme une gamine.

- Tu dis que Mal-Naya t'a offert sa virginité ? Dans ce cas, comment dites-vous… elle t'as eu. La fleur de Mal-Naya a déjà été butinée à plusieurs reprises.

Il était sans doute un peu périlleux pour Akham de parler de "deux sens du terme" à l'évocation de la pousse de morgeline. Mais son interlocuteur n'a pas l'air difficile. D'ailleurs, il enchaîne :

- Non. Ce qui est important. C'est que tu es… contaminé. Tu vas mourir. (Un instant de silence, il cherche ses mots mais du coup, la pause oratoire rend le ton grave et sérieux). Tu viens de la jungle de Dulomortagh n'est-ce pas ? Mal-Naya nous a dit qu'elle t'a vu sur l'autre rive du Nuane. Dans votre langue Dulomortagh pourrait se traduire par "celle qui sème les germes dans un sillon écarlate". Tu l'as rencontrée n'est-ce pas, la mort coupante ?

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Dim 20 Mai - 15:46

Rencontrer serais un bien grand mot. Ni vu, ni entendu, ni même aperçut, cette chose que les autochtones semblait craindre était resté totalement invisible au regard du jeune homme. Et non seulement, ce "Mort-coupante" l'avait blessé de sa lame, mais en plus il l'avait empoisonné ? Entendre cette annonce avait profondément surpris l'Incube. Mais surpris dans le sens où cela confirmait ses premiers soupçons. Cela paraissait évident qu'il eusse été empoisonné, lui avait été touché sans être tué par la lame de cet habitant du Dulomortagh. C'est pourquoi, sitôt cette nouvelle apprise, le sourire effacé d'Akham réapparut sur ces lèvres.

Un léger rire parvint même à s'échapper de ces dernières. Du poison ... Même s'il ne connaissait rien de la nature des arbres, des fleurs et des animaux qui vivaient et poussaient dans cette forêt, le jeune homme imaginait qu'il devait bien exister quelques espèces capables de produire des toxines propre à endommager de l'intérieur les corps de ceux qui les absorbaient, ne serait-ce que des serpents, ou des baies. Dans son village, on l'avait très souvent mit en garde contre les dangers que recelait cette forêt dans laquelle il se rendait plus que n'importe qui d'autre. Couleuvres, vipère ou encore frelons, les animaux que ses parents craignaient qu'il rencontre, plus par inquiétude parentale que par réel soucis de la dangerosité de l'animal, étaient légions. Sans parler des plantes toxiques qu'il ne devait pas approcher ni ingurgiter.

En même temps c'est pas comme si il mettait tout ce qu'il trouvait dans sa bouche !
Mais il arrivait que certains habitants viennent à se faire mordre par l'un de ses reptiles rampant sur le sol, soit pour être tombé dessus par hasard, soit pour avoir été trop imprudent en pensant qu'ils arrivaient à le contrôler. Et comme la vie d'un incube était précieuse, cette race avait inventé, au fil des siècles, une technique propre à sa magie pour guérir du venin des serpents : la transmutation. Ce remède à tout types de poison ou de venins était inspiré des paons. Cet oiseau chasse en effet les reptiles et absorbe leur venin pour le rendre inoffensif. On a dit parfois que l'éclat de ses plumes proviendrait de cette transmutation. Ce pouvoir à conduit les Incubes, en tout cas ceux du village d'Akham, à s'entrainer à le développer. Son père disait qu'ainsi, d'ici à quelques générations, leur race serait devenue totalement insensible à toute forme d'empoisonnement, qu'il soit accidentel ou prémédité. Il craignait que le village ne soit découvert par des originels et que ces derniers, ne pouvant attaquer directement des sujets de la couronne démerienne, ne s'en prenne aux points d'eau dont dépendaient les habitants.
Si seulement il c'était douté que la couronne elle-même puisse faillir !

C'est pourquoi l'adolescent, une fois ses soupçons confirmés, fit de nouveau appel à son pouvoir. Le problème, c'est que sa transformation serait également physique. Comment allait réagir Jal-Dal et ses frères ?
Du dos de l'incube jaillirent donc de nombreuses plumes, celles qui caractérisent parfaitement le dit-animal, celles qui forment la traine. Quel spectacle déroutant ce dut être pour son interlocuteur que de voir ainsi une centaine de plumes de près d' un mètre apparaitre ainsi dans le dos du jeune homme, traversant sa peau sans qu'il n’éprouve le moindre mal. D'ailleurs, elles ne furent pas les seuls. Son corps entier se para de plumes. Bien que les cheveux restèrent, ils se confondirent également avec des plumes de tailles bien plus modestes, quoiqu'une houppette vint également à pousser sur le crane. Le plumage était particulièrement brillant. La tête, le cou et la poitrine étaient de couleur bleu-vert et violet avec des reflets métalliques, tandis qu' autour des yeux se trouvait une tache dénudée. Les ocelles qui sertissaient à différents étages cette roue étaient, au centre, d'un bleu vif, entourées d'anneaux concentriques brun, jaune d'or et violet semblables à des yeux. Toutefois, ni serres ni becs ne vinrent remplacer les membres déjà présents.
Tout poison, tout venin, quel qu'il soit, ne pouvait lutter.

Inquiet, Akham reprit la parole, d'une voix pourtant résolue et calme, qui se voulait également réconfortante, histoire de montrer à Jal-Dal qu'il n'était pas dangereux, parlant toutefois de manière plus lente, afin de laisser à l'homme sus-nommé le temps pour comprendre les mots.

- Je ne vais certainement pas mourir, pas maintenant que j'approche de mon bût. Je suis venu ici chercher un dénommé Eowen. On m' a dit que lui seul pourrait m'expliquer l'origine et l'essence véritable de mon pouvoir.

En parlant de son don, il ne peut s'empêcher de regarder avec une certaine fascination les plumes qui couvre le dos de sa main, épargnant ses doigts. Depuis qu'il lui était possible de revoir celui qui avait crée sa race, il c'était beaucoup interrogé sur son don, en venant même à prendre de plus en plus conscience du caractère extraordinaire de cette capacité. Depuis sa prime enfance, il n'avait fait qu'apprendre et recopier les anciens, sans chercher à aller plus loin dans sa compréhension. A présent, il s’interrogeait.

La possibilité qu'il soit, de plus, l'un des derniers incubes l'incitait davantage à comprendre son héritage, afin de savoir comment le faire perdurer.

- Je ne cherche pas le combat, ni la mort de quoique se soit. Je veux comprendre, je veux vivre.

Il termina enfin par une simple question :

- Vous pourriez m'expliquer plus en détail ce que représente cette fleur pour votre peuple ? Car j'avoue être un peu perdu. Vous me dites qu'en l'offrant, on offre sa virginité ?
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mer 23 Mai - 16:44

Jal-Dal se gratte le menton pendant un court instant de perplexité. L'enchaînement des réflexions, des métaphores et des transformations de l'incube sorti d'une jungle réputée mortelle ont de quoi laisser coi. Mais il encaisse remarquablement bien le changement en volatile, même si dans les quelques curieux qui entourent encore le duo, quelques exclamations fusent. Il y aurait beaucoup de choses à bredouiller. Le plus simple est sans doute de commencer par le commencement :

- Vous faites et dites des choses bien étranges. C'est un rituel religieux ? Vous êtes de quel culte ? Bon. (Il désigne la morgeline) Ça : Eh beh… c'est une plante médicinale non ? En l'offrant, on offre surtout une manière de se soigner. (Il se frotte l'occiput). Mal-Naya a sans doute pensé que vous auriez besoin des premiers soins. Alors ma question dans ce cas, si vous me permettez : qu'est ce que vous entendez comme autre sens à l'expression "tendre une fleur". Parce que chez nous, quand une femme donne "sa fleur" au sens imagé, y'a pas tellement d'équivoque.

Le grand sourire qui s'est petit à petit étiré sur tout son faciès de chauve achève maintenant de dévoiler une dentition contrariée. Jal-Dal joint les deux mains, répétant sans le savoir le même signe que la porteuse d'eau, la dénommée Mal-Naya, un peu plus tôt au bord de la rivière bourbeuse.

- Notez, y'a pas de mal à s'envoyer en l'air hein. Et vu les plumes dont vous semblez capable de vous attifer, j'ai l'impression que ça ne pose pas de problème au sens propre.

Clin d'œil.

- Voyez, moi aussi je sais un peu faire des images.

Une voix interrompt le petit échange. Un homme robuste aux tatouages éclairs rouges et or pointe l'index et l'auriculaire en direction de l'interprète. La courte de salve de syllabes qu'il balargue fait hocher deux trois têtes alentours. Akham pourra y entendre le mot Eowen, déformé, repris, amplifié, méconnaissable mais bien là. Voilà un point qui fait débat. Jal-Dal répond, puis acquiesce et s'adresse à leur visiteur plumeux.

- Ah oui. Eorjen. Il est passé ici, il y a… oh bien deux lunes. C'était juste avant que Dulomortagh ne prenne Ker-Durtag et Mal-Jill. Il est arrivé comme vous, l'air un peu paumé. Et il a absolument tenu à nous aider avec la tueuse infectieuse. On l'a bien mis en garde mais il est parti. Et on ne l'a jamais revu. Il est sans doute mort à l'heure qu'il est. Aucun chasseur n'a trouvé sa trace. En revanche, on a retrouvé son bâton. En trois morceaux. Coupés bien nets.

Un court silence. A force de pratiquer, le démérien de Jal-Dal vient plus facilement. Ses "r" ressemblent moins à des "l" et son accent torture moins les sons nasaux.

- Je ne sais pas s'il a trouvé Dulomortagh mais ce qui est sûr, ce qu'elle, elle l'a trouvé. Et comme vous l'avez vu, elle est toujours là. En revanche, Eorjen…

Jal-Dal gonfle sa poitrine et souffle un long filet d'air de ses joues renflues.

- Mais ça n'a pas d'importance pour vous. C'est même le cadet de vos soucis. Car dans quelques jours, vous allez avoir une hémorragie interne. Dans la langue des anciens, il y a un mot qui désigne ce que Dulomortagh fait à ses victimes : microbios. Les lames de la tueuse pourpre sont salies de mille meurtres. Elles infectent tout ce qu'elles touchent. Ceux qui ne meurent pas éventrés, finissent quand même par se vider de leur sang d'un autre manière. Ils toussent des glaviots noirs de caillots poisseux, ils ne peuvent plus manger sans que leurs entrailles ne se liquéfient, ils suent, pleurent, chient sang et eau avant de mourir, secs et vidés. C'est une mort atroce, mais certaines plantes appaisent. Nous prirons pour vous étranger et si vous le souhaitez, vous pouvez mourir ici.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Ven 1 Juin - 21:28

Sans voix et le regard fixe, Akham reçoit chacune des nouvelles de Jal-Dal avec la même force qui si l'indigène lui avait lancé des pierres au visage. Eowen semble être mort, mais lui aussi était condamné ? Hémorragie interne, déshydratation, rien de bien joyeux dans ces symptômes. Quelques jours ... Cela voulait dire quoi, deux ? Trois ? Une semaine ? Dix ? Assez pour se relancer à la poursuite du Dulomortagh, ou juste suffisamment pour réfléchir quelques temps au sens de sa vie et accueillir la mort avec suffisamment de sérénité ?

Et quand il y repensait, quelle vie ! La très grande majorité avait été calme, paisible, douce, un peu comme ces jours d'été où il se prélassait sur les bords de la rivières en compagnie de ses amis et de ses parents. Puis, en à peine quatre années, il perdait son foyer, son peuple, sa liberté et avait plus d'une fois manqué de perdre également la vie. Il avait connu plus d'action en quelques années que dans toute une vie. Il avait surmonté mille périples pour arriver finalement jusqu'à Adisïem, la très célèbre et pourtant très mystérieuse île-première des Elfes, ce peuple tout aussi célèbre que mystérieux. Et il n'avait même pas 20 ans ! Il lui restait encore plusieurs décennies à vivre, et encore plus de choses à faire sur cette terre.
En premier lieu, il devait tuer Al'Manhir, puis anéantir le Culte des Originels. Et tant qu'à faire anéantir l'Ordre du Changement. Puis se devrais être au tour de Démeria, cette nation corrompue. Le monde devais redevenir sauvage et libre. On pourrais penser qu'avec une telle pensée, il se rapprocherais inexorablement de la philosophie originelle. Mais il n'en était rien. Leur soit-disant dieu de l'ensemble de la nature n'existait que dans leurs fantasmes et leur folie. Le monde n'a pas eu besoin d'une divinité pour naitre, et il n'en aura pas besoin pour se purifier. Les originels ne faisaient que ternir la nature elle-même.

Mais pour accomplir toutes ces choses, il lui fallait atteindre son maximal potentiel. Et pour cela, il fallait trouver Eowen. Il avait affronté des religions, des pirates, des éléments, et à présent c'était une putain de chasseuse pas foutue capable de l'affronter en face qui allait la lui ôter alors qu'elle ne savait même pas qui il était et pourquoi il était présent sur cette île ? Toutes ses épreuves, tout ses sacrifices, tout ces combats, tout ses efforts n'avaient servis à rien, car il allait crever ainsi, sur le sol boueux d'une île sauvage où il aurait dut apprendre tout ce qu'il n' avait jamais sut ?

Jamais.

Ses yeux s'assombrirent à un point tel qu'ils durent en devenir terrifiant. La colère de son regard aurait put embrasser la forêt pourtant humide des alentours. Et c'est d'une voix égale à celui-ci qu'il s'adressa à nouveau à Jal-Dal.

- Je vais vous posez deux questions, puis j'irais tuer le Dulomortagh. Premièrement, que savez-vous de lui ? Qu'est-il, quelle arme emploi-t-il, où se cache t-il, comment opère t-il, etc ... ? Deuxièmement, que savez-vous de ce microbios ? Est-ce une maladie ou un poison, avec quoi le fabrique t-on, y' a t-il un quelconque moyen de ralentir ses effets, etc ... Et enfin, je vais vous demander de me remettre les morceaux du bâton d'Eowen, ainsi qu'un sac, si vous avez.
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Hashimoto Tokiwa
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Sam 2 Juin - 17:15

Jal-Dal hausse un sourcil pour mieux le froncer aussitôt. Il passe quelque chose sur son visage comme un mouvement pulsatile très rapide. Tic nerveux ? Il croise les bras.

- Ça fait plus de deux questions. Et deux requêtes de surcroît. Mais qu'importe…

Il secoue lentement la tête de gauche à droite et ferme brièvement les yeux. Cherchant manifestement à contenir une saute d'humeur. Est-ce que ses tatouages étaient aussi vifs l'instant d'avant ? C'est probablement un jeu de lumière. Bien qu'il fasse à présent presque totalement noir, les derniers rayons écarlates du couchant percent parfois les frondaisons et font ressortir les tons sanglants de ce qu'ils effleurent.

- Quelle présomption… je ne sais pas qui vous êtes étranger, ni d'où vous venez. Ni même ce que vous êtes et ce dont vous êtes capable en fait ! Mais je sais au moins une chose, c'est que vous ne connaissez pas Dulomortagh. (Il fait un geste large du bras). Nous, ici, nous la côtoyons depuis des années. Nous vivons à côté ! Donc nous savons de quel genre de prédateur il s'agit. Et vous pensez que nous n'aurions pas déjà cherché à l'éliminer si nous pouvions le faire ?!

Jal-Dal trépigne un peu. Le ton plus mordant qu'il emploie n'échappe pas à l'assistance qui dès lors, peut facilement déduire que Akham vient de dire quelque chose qui ne plaît pas à l'un des leurs. Leurs postures se raidissent.

- Et vous arrivez là, la bouche en cœur en prétendant "tuer Dulomortagh". Vous vous pensez meilleur que nous c'est ça ? Parce que nous vivons proches de la nature dans des cahutes en terre, nous sommes des sous-évolués à vos yeux ?! Nous n'avons certes pas de société archi-sophistiquée comme celle de Déméria ou Hu Bei, nous n'avons pas la même longévité que les hauts-elfes ni l'industrie laborieuse des nains ou les talents mercantiles des athéens. Mais cela ne fait pas de nous des ignorants placides. Nous connaissons le monde. Nous connaissons notre environnement. Et si l'on ne s'attaque pas à Dulomortagh, c'est bien pour une raison !

Jal-Dal recule maintenant, marquant son intention de clore la discussion.

- Je vous avais pris pour un voyageur ouvert d'esprit et curieux. Mais vous ne vous posez que des questions à votre propre sujet. Vous êtes comme ces gens qui viennent sur leurs gros navires et prétendent répandre la civilisation. Vous arrivez, vous vous voulez tout chambouler, vous exigez, vous faites de grandes déclarations. Je doute que ce genre de comportement vous ait porté bonheur jusque là.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Sam 2 Juin - 22:21

- Ne me jugez pas, Jal-Dal. Je n'ai jamais porté de jugement envers qui que se soit. Je ne suis que ce que le monde à fait de moi. Je ne suis que violence et sauvagerie, car ce monde, celui d'où je viens, n'est que violence et sauvagerie. Je suis venu ici pour trouver l'enseignement et la quiétude, et une fois encore je ne suis confronter qu'aux combats et à la mort.

Les derniers mots avaient été prononcés d'une voix brisée, mais dans laquelle se discernait toute la volonté, et toute la fierté du jeune homme. Il y' avait la sienne, mais surtout celle de tout un peuple. Il n'était pas seulement Akham Mogoa, il était également, et surtout, le dernier, ou du moins l'un des derniers, représentant de la race des Incubes. A travers lui, c'était tout un peuple qui survivait. Et avoir à l'esprit que les Incubes et les Succubes puissent disparaitre dans une déshydratation, c'était une chose qu'il ne pouvait concevoir, qu'il ne pouvait accepter.
Tant de choses reposait sur ses épaules. Mais il en restait une qui l'aidait à se relever chaque fois que la mort lui tendait la main, qui l'aidait à ne pas tendre la sienne pour serrer celle de la Grande Faucheuse : l'espoir. Il ne retrouverais sa vie d'antan que s'il réussissais à briser les chaines qui bridait son esprit et son pouvoir. Il devait continuer à espérer, car s'il succombais au désespoir et à la tristesse, il ne lui resterais plus qu'à se jeter dans la mer et à s'y noyer, tout comme il aurais put l'être lors de cette tempête qui le sépara de son petit frère.

- Comment pourrais-je dire de vous que vous êtes sous-évolués, alors que ma propre race était bien moins évoluée que la votre, alors que mon village était bien moins prospère que celui-ci ? Demanda t-il à son interlocuteur, un brin de colère dans la voix. Ne me comparez pas aux habitants de Démeria ou d'Athée. Je ne suis pas corrompu par leur civilisation avancée.

Épuisé, il s'assit sur le sol, mais d'une manière si lourde qu'on pourrait croire qu'il c'était écroulé, avant de se rattraper au dernier moment. Lassitude et fatigue se lisait à présent sur son visage marqué par de trop nombreux combats et de trop nombreuses epreuves pour un corps et un esprit si jeune et, même s'il ne l'avouerais jamais, si fragile.

-Mais vous, vous êtes restez ici, sur cette île. Vous n'avez eu que peu de contact avec ce monde pourri et damné. Vous êtes restez pur de toutes tentatives d'influences extérieures. C'est la raison pour laquelle je ne peux m'empêcher de vous faire confiance, malgré que je vienne à peine de vous rencontrer. Je souhaiterais à présent vous raconter mon histoire, vous comprendrez alors pourquoi je ne peux pas rester ici, à attendre sagement la mort, et pourquoi je me sent obligé d'aller tuer le Dulomortagh, avec toute la présomption que cela implique, pour tenter de trouver un remède à cette maladie que vous m'avez annoncer. Vous aller comprendre pourquoi je dois aller retrouver ce Eowen.

Et il lui conta tout. Toute son histoire, à la fois si dense et si courte. Il lui parla de sa race, sûrement plus proche de la nature que la plupart des races qui peuplent cette terre, de ces originels qui souhaitaient leur extermination, de ces changeurs qui souhaitaient le convertir ou le tuer en cas de refus, de ces Pjheys qui l'avaient violé, torturé et humilié,
de ces pirates qui l'avaient recueillis, mais qu'il avait perdu, encore une fois, par présomption en sautant dans une mer déchainée et enfin de ce Maitre Barde, Celandil, qui lui avait dit de venir sur cette île où il avait pensé trouver la paix qu'il recherche depuis des années à présent.
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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Mer 6 Juin - 16:17

Apparement, Akham a été ébranlé par la dernière sortie de Jal-Dal. L'émotion prenant le dessus et le sentiment d'urgence lié à la contamination l'auront peut-être poussé à s'ouvrir plus librement. En tout cas, c'est ce qui vient à l'esprit des villageois qui restent encore là après l'éclat.

Le métamorphe parle pendant longtemps. L'obscurité qui enrobe la scène ne laisse entrevoir que quelques silhouettes avachies sur le sol. Jal-Dal lui aussi, couché sur le flanc, la tête calée dans le creux de la main, écoute avec un intérêt manifeste. Le manque de lumière empêche de savoir si les yeux des spectateurs sont encore ouverts mais le silence qui se dépose doucement avec un son feutré en dit en tout cas assez long sur le degré d'attention. Ils n'ont rien perdu. Même s'ils n'ont rien compris, ils ont tout écouté. Drôle de peuplade.

En Hu Bei, il y a belle lurette que les gens seraient retournés à leur ouvrage, en Thalûn, on la lui aurait sans doute fait boucler, les elfes marchands en auraient déjà fait une chanson ou un poème sans s'attarder sur le sens des mots et les athéens auraient lâché quelques pièces pour sa peine. Et en Déméria… en bien un mélange de tout ça mais en lui jetant des melons mûrs en prime. Ici rien de tout ça. On se tait, on attend. Comme une représentation antique où les gens sont là pour l'ambiance.

Finalement, Jal-Dal s'étire comme un félin fourbu et roule sur le dos sans dignité. Là, les mains croisées sur la poitrine, il répond doucement. Autour, ombres et silhouettes se relèvent.

- Ah. Je comprends mieux.

C'est bref ! Mais heureusement, ça ne s'arrête pas là.

- Malheureusement, la blessure de Dulomortagh ne se soigne pas. En tout cas, nous n'avons jamais pu guérir une seule victime. Et tuer la tueuse, pour peu que se soit possible, ne résoudrait probablement rien. Seulement comprenez bien pourquoi je soutiens que c'est impossible, ce serait comme… mouiller la mer !

Jal-Dal se rassied. Le noir total ne semble pas l'incommoder. A ce stade, Akham pourra s'étonner de ne voir ni torche ni feu pour percer l'obscurité. Les gens de ce village vivent la nuit sans lumière ?

- Et il y a autre chose. Dulomortagh est devenue nécessaire à notre équilibre. Nous l'honorons, nous la respectons, nous l'évitons – bien sûr - ! Mais nous ne cherchons plus à l'éradiquer. Elle fait partie de notre environnement.

Un silence.

- Avant d'entreprendre quoique ce soit, vous devriez tâcher d'en apprendre plus. Mais vous pouvez aussi tenter votre chance plus loin, à l'est. Derrière le val des roches rouges il y a le territoire des "elfes civilisés". Ils pourront peut-être vous aider avec l'infection. Nous en tout cas, nous n'y pourrons rien d'autre que de chanter des oraisons en répandant du miel de fleurs. Ce que nous appelons "microbios" signifie "vie minuscule", c'est quelque chose de vivant qui est trop petit pour qu'on puisse l'attraper.

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MessageSujet: Re: Sable fin et senteurs exotiques   Dim 17 Juin - 20:37

- Comment cela, "quelque chose de trop petit pour être attrapé" ? Vous voulez dire qu'il existe des animaux si petits qu'on ne peux pas les voir ? Cela parait improbable ...

Et pourtant, c'était tout à fait possible. Ces petites créatures dont se nourrissent les poissons dans les lacs et les rivières, si petites qu'il faut un œil avisé et averti pour les voir n'étaient peut-être pas les plus modestes créatures qui puisse exister sur terre. Mais alors, comment vaincre quelque chose d'invisible ? Non pas que ces choses l'étaient réellement, mais le fait qu'elle soit à ce point minuscule ne faciliterait surement pas leur destruction.

Mais, il venait d'y penser, peut-être était-il possible de les ralentir. D'après Jal-Dal, les Elfes "Civilisés", c'est à dire ceux qui avaient construit des bâtiments si grands et si esthétique qu'ils en avaient oubliés leur fonction première, pourraient peut-être le guérir, ou en tout cas l'aider. Et ce serais doublement utile. Car les Elfes vivant au delà du Val des Roches Rouges auraient sûrement d'autres informations concernant le Dulomortagh, peut-être même connaissaient-ils son origine et sa nature même.

- Alors mon chemin est tout indiqué. Je vais partir immédiatement en direction de ces Elfes, afin d'en apprendre plus sur concernant mon infection et la Mort Infectueuse. D'après ce que vous avez dit, j'ai quelque jour devant moi, cela devrais me laisser suffisamment de temps pour rallier ces Elfes.

Vénérer le Dulomortagh, c'était en quelque sorte vénérer la Mort. D'une certaine façon, craindre le Dulomortagh en même temps que l'adorer, c'était sensiblement la même relation qui existait entre les nécromanciens de Démeria et leur Déesse Ténébreuse, Mortis.
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