L'Origine et le Changement

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 Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]

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Constance de Négativité
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MessageSujet: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Jeu 17 Nov - 19:52

Fertilise de lys au coin du ciel… et vlan ! Une autre poutre dans la tête ! Constance oscille un instant, balance deux ou trois onomatopées dans le vide et se décide à adopter une posture à mi-chemin entre la régression primate et la coquille de scarabée. Elle décide aussi d'arrêter de se perdre dans ses pensées, ça aide pas.

Evoluer dans les tréfonds d'un bateau, c'est bien. Dans le noir, c'est encore mieux. Et quand on se paye tous les obstacles dans les tibias, la tête ou les épaules, c'est l'éclate totale ! L'éclatage des rotules, des petites articulations sensibles et des ongles qui crissent.

Comme elle grimaçait encore avec son bras en sang en arrivant sur le Zéphyr, on lui a dit d'aller voir le toubib de bord. "Ouais, t'as qu'à aller montrer ça au doc'" qu'on lui a dit "il est dans sa cabine, dans l'entrepont". Le ton évoquait celui que quelqu'un prendrait le jour des obsèques de sa petite amie… ou celui d'un boucher détaillant une pièce de viande sur patte avant qu'elle ne passe à l'abattoir. Punaise, dissuasive l'invitation.
Malgré tout d'accord, elle a opiné bravement (ou naïvement). Mais le marin qui lui a confié cette idée lumineuse ne lui a pas, par contre, refilé de lumière pour aller avec. Et dans le noir, avec le roulis, s'orienter à tâtons laisse des surprises désagréables et probablement des bleus pour la bleusaille.

C'est ce qu'on appelle un voyage qui commence bien : une tentative de viol, une nausée à faire dégueuler une gargouille, une blessure et maintenant l'errance chaotique dans un environnement chargé de mobilier contendant. L'hypnalisine se dirige essentiellement à l'odorat. Si ça commence à renarder le camphre, le souffre et autres horreurs médicinales, c'est qu'elle doit pas être loin.

Tenant toujours son bras enflé d'une main et sa fierté dans la poche, elle se casse finalement le nez contre une porte bancale qu'on dirait prête à exploser tellement elle est gondolée. Un léger filet de lumière orangée filtre par les interstices, quelqu'un s'active à l'intérieur… et ça a l'air de produire de la vapeur.

Est-ce qu'elle hésite un instant avant de toquer ? Est-ce qu'elle pense au ton mi-figue mi-raisin du marin qui l'a envoyé là ? Est-ce qu'elle prépare, anticipe, remâche une réplique ou une astuce pour le cas où ?

Non.

Elle ferme le poing et cogne gaillardement des phalanges sur le chambranle.

- Eho. Y'a quelqu'un ?
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Embrun Sabredor
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Jeu 17 Nov - 20:57

La porte s'ouvre brutalement, manquant d'estropier une fois de plus l'hypsaline. Une bouffée de chaleur en sort : voilà pour l'aspect agréable. Sauf que comme tout enfer qui se respecte, après la fumée, il y a le diable, et celui ci est vraiment réaliste. Ce qu'on pourrait appelé un homme en employant le sens le plus éloigné possible de ce terme la fixe. Il y a maintenant assez de lumière pour y voir, et même bien trop, en fait. Ses yeux... Comment il peut la fixer avec cette maxi-couche de cataracte sur le globe oculaire ? Rouge, oui... Ou alors, est-ce du sang qui ruisselle sous l'épaisse pellicule blanchâtre ? Et son visage... Il a les orbites sombre et cernées, le nez tordu, des rides et autres affections plus ou moins inquiétantes partout sur le visage, bref, un vrai Don Juan ! On en vient presque à bénir la pénombre du dortoir. Puis tant qu'à faire, il n'a pas l'air le moins du monde sympathique. Il fronce les sourcils, baisse son regard d'aveugle sur le bras ensanglanté, puis le saisit sans crier garde, trainant la changeante à l'intérieur de la pièce.

La porte claque brutalement derrière lui. Elle est loin d'être aussi vermoulue qu'elle le semblait dans le noir. Elle a même l'air drôlement solide tout à coup, surtout quand on se retrouve du mauvais coté avec un sorcier hideux. Sans laisser le temps a sa patiente de réagir, Doc' l'envoie sur la matelas au sol. Ce n'est pas tellement qu'il ait de la force, plutôt que sa vue soit assez saisissante pour empêcher sa victime de réagir trop vite. Il s'approche, s'agenouille, examine... Fronce les sourcils et examine à nouveau. Du sang froid ? Jamais vu, pas possible. À cette température il devrait être coagulé. Il se relève, la tête rentrée dans les épaules, et va farfouiller dans une caisse. Il a l'air vieux, vu ainsi, mais il est bien trop réactif et nerveux pour un vieillard. Difficile de se rendre compte avec la cinquantaine de couches de vêtements plus miteux les uns que les autres qui s'entassent sur son dos. Maintenant que la lanterne les éclaires, ses jambes semblent arquée... Ou pliées au moins parce qu'il ne semble pas avoir tellement de mal à se déplacer. En fait, il n'aurait pas l'air déplacé à la réunion annuelle des monstres les plus côtés des bas fonds.

L'abomination se redresse, exhumant une fiole de verre de la caisse, et reviens vers sa patiente. Il lui saisit à nouveau le bras, sans véritable violence, mais très fermement. Il fait quoi là ? Des soins ? Avec une fiole ? N'importe qui aurait comme un petit doute. Mais des doute, Doc' n'en a aucun. Sans se préoccuper des réactions de la fille, il fait couler un peu de sang dans la fiole. Un peu trop peut être... Pas agréable la pression sur le bras pour faire couler plus vite, et l'étourdissement qui s'en suit, encore moins. Entre la fatigue, le sang déjà perdu et les joyeux coups de tête dans la cale, dur dur de tenir le coup.


- Reste tranquille, engeance putride, ou va te faire soigner par les pesteux !

Voix gutturale, franchement désagréable. Il a vraiment tout pour plaire cet oiseau là. À coté, se faire traiter de serveuse était presque sympathique, mais nettement moins imaginatif. Un regard blanc et gluant ponctue sa phrase bien mieux que le point d'exclamation. Déjà, la fiole a disparue dans son enchevêtrement de haillons. Le prélèvement n'a même pas duré une seconde, pour tout dire, mais la tête, elle tourne pas mal. Efficaces, les soins... Au bord de l'évanouissement, on a moins mal, en effet. L'afflux sanguin est t-il vraiment le seul responsable de ces symptôme ? Pas sûr. Ce n'était pas franchement étonnant sur le coup vu l'allure attrayante du médecin, mais il avait une très forte odeur bien désagréable, un brin envoutante, quand il a passé la manche sous le nez de Constance avant de l'examiner. Trop tard pour se débattre, il est déjà en train de panser la plaie. Il étale d'un geste vif et négligeant une pâte puante sur le bras de sa patiente. Pas sûr que les herbes qui la constituent aient une mauvaise odeur, mais un remède doit par définition sentir mauvais, sans quoi le malade s'imagine qu'il n'est pas efficace. La plaie cesse immédiatement de saigner, et pas le temps de regarder les détails car une bande de lin l'a déjà soigneusement recouvert. Un beau pansement pour une bien petite blessure qui saignait beaucoup plus qu'elle ne le devrait ! Et le Doc' a terminé.

- Dors.

Décidément, il n'aura pas un mot sympathique. Sa voix sonne comme un ordre, mais un ordre plutôt tentant. Le matelas est propre et moelleux, la tête tourne trop pour se relever, et une douce torpeur commence à prendre tous les membres malgré la chaleur. L'entourage est un peu gênant quand même, pas rassurant. Des caisses partout, plusieurs récipients des plus tarabiscotés suspendus contre le mur, une cage de pierre qui doit servir de cheminée, et le feu de l'enfer crépitant joyeusement dedans. Un vrai laboratoire flottant en fait !

Par contre, pourquoi il y a une main humaine qui dépasse de derrière la pile du fond ? Il faut y voir un élément de la décoration ?
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Constance de Négativité
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Lun 21 Nov - 22:22

Les premières syllabes qui se bousculent dans l'esprit enfiévré de l'hypnalisine pourraient parader un moment avant de se décider à former des mots. Et tourner en rond encore quelques battements de cil avant d'en faire qui ont du sens.

C'est ainsi que l'espèce de bouc boucané boucanier qui l'empoigne par sa branche aigrelette et la tracte dans sa remise à remèdes échappe à plusieurs réponses peu convaincantes du type "Gniuh", "Ouch", "Mrigo", "Jaaagh !". Autant d'onomatopées qui se coincent dans la gorge de Constance alors qu'elle heurte la paillasse sans douceur et se fait littéralement tirer le jus par le tortueux bonhomme. A la place, elle serre les dents, elle ferme les yeux et pousse un vague soupir lorsqu'il en termine et s'applique à lui expédier l'équivalent d'une torgniole médicamenteuse.

Elle s'affale, dégonfle sa poitrine et se prend d'une certaine torpeur. Un effet secondaire ou une manœuvre parfumée de l'escogriffe qui griffe ? Il y a ces odeurs… il y a ces globes blancs, laiteux et aveugles et pourtant si visiblement clairvoyants. Comment a-t-il pu voir que sa patiente était blessée au bras et appliquer le pansement avec autant de dextérité ? Voilà au moins une raison pour la changeuse de refuser en bloc le commandement du rebouteux rebutant et d'enfreindre la règle.

- Hé… mais c'est une Paramécie Salicorne ?

Ce que Constance lorgne en ce moment d'un œil vaseux, c'est une espèce de flacon posé de guingois sur une étagère qui semble renfermer un spécimen de lézard un peu verdâtre. A moins que ce ne soit dû au liquide ?

Elle hésite, elle balade son regard fatigué le long des improbables trucs qui pendouillent, qui sont plus ou moins attachés, des colifichets qui oscillent doucement au grés du roulis, une main, des machins, des fioles, des bidules, des… un instant. Une main ?
L'hypnalisine n'est pas en état de comprendre. Elle n'est pas certaine de vouloir entendre la réponse à cette question que posent muettement ses sourcils arqués. Non pas qu'elle craint particulièrement l'horreur. D'ailleurs, l'aspect pour le moins effroyable du Doc' ne lui fait visiblement ni chaud, ni moins chaud. Elle reste normale, c'est-à-dire froide de peau et fiévreuse de cœur.

Elle se gratte le pansement d'une main distraite et ravale un filet de salive étourdiment échappé de ses lèvres. Elle est vraiment crevée mais elle n'a pas envie de dormir. Pas maintenant qu'elle rencontre enfin quelqu'un qui ne ressemble à rien de connu !

- Je me demande si on peut en faire de la pommade, hasarde t-elle distraitement sans vraiment comprendre pourquoi son esprit la pousse à ce genre de discussion.

Mais c'est comme si, pour le moment, son cerveau ne pouvait se focaliser sur autre chose que sur les éléments composant cet antre puant. Et il faut admettre que de ce point de vue, il y a en fait de quoi occuper plusieurs cerveaux pendant plusieurs mois avant même d'en dresser un inventaire (lequel devra alors sans doute être examiné par d'autres têtes pensantes pendant une bonne année avant de comprendre de quoi on parle).

Constance soupire à nouveau. Elle se sent vaguement bien et vaguement mal. Etat trouble. Changeant sans aucun doute.
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mer 23 Nov - 13:32

Vraiment ? Vous voulez adressez la parole au médecin ? Les yeux livide se tournent vers la patiente. Il a l'air aussi heureux qu'une huitre acariâtre. D'accord, on ne peut pas dire qu'il lui jette un regard noir puisque justement, de noir, ses yeux en manquent cruellement. On ne peut pas non plus dire que son visage s'empreint de fureur, puisqu'il était déjà dans ce même état juste avant. Mais il n'a pas l'air ravi, ou peut être simplement pas habitué. Les matelots ne se lancent pas souvent dans des conversations sur la faune et la flore, avec lui. Après un grognement et quelques insultes marmonnées dans les touffes de poils éparses qui lui servent de barbe, le sorcier saisit le pot de verre contenant l'espèce désignée. Il s'avance vers Constance, menaçant, et lui flanque le pot juste devant le nez.

- Apprend à observer avant de me faire perdre mon temps, morveuse !

D'aussi prêt, difficile de voir quoi que ce soit, mais en reculant la tête... Ah oui, les petites griffes vermillon... Enfin, vu la distance, elle ne pouvait pas le voir et Doc' en est sans doute parfaitement conscient. Il repose le sujet d'expérience à sa place et l'observe quelques instants. De la pommade ? Oui, on peut. On peut toujours tout faire de toute manière. Seul le résultat change. L'expérience pourrait être intéressante d'ailleurs car ce lézard secrète une sorte de poison neurotoxique relativement virulent. Malheureusement, un seul individu n'en possède qu'une très faible quantité, mais peut être assez pour paralyser une zone du corps. Une sorte d’anesthésie locale... Il faudra essayer. Si seulement il avait pu en attraper d'autres... Ah, peut être en le combinant avec... Il saisit un autre pot dans lequel dormait bien profondément une sorte de petit serpent jaune. Qu'est-ce qu'on ne trouve pas à Elvem Adisïl. Cette ile féérique possédait un charme que même Doc' ne pouvait pas nier. Ces couleurs vives et chatoyantes ! Désignant bien souvent des espèces sécrétrices de poison... Un vrai plaisir. Quand à la beauté des elfes ? Et bien, les belles dame aux longues jambes et aux oreilles pointues faisaient des cobaye tout à fait acceptable. D'autant plus qu'il était toujours intéressant d'observer les résistances de l'organisme à la faune locale par des études comparatives (qui bien souvent avaient tendance à tuer l'individu étalon non habitué au milieu). La plupart du temps il devait se contenter d'espèce animal comme cobaye de recherche, mais quand le Zéphyr avait la riche idée de récupérer aussi les blessés adverses après un abordage, on ne lui en voulait pas trop si il n'arrivait pas à tous les "sauver".

Mais ce n'était pas la question ! À croire que cette fille l'intéressait pour qu'il se laisse ainsi entrainé dans ses réflexions. D'un autre coté, oui, elle était sans doute bien plus intéressante que toute la chaire à canon sans importance que sa petite idiote de capitaine visionnaire avait monté à bord. Surtout à cause de son sang, il fallait bien l'avouer. ce phénomène l'intriguait bien plus que l'individu en tant que tel. Quoique, elle semblait plus shootée qu'effrayer et cette découverte était plutôt intéressante. Peut être aurait il une chance de parfaire son apparence et de développer ses pouvoirs psychologique en l'étudiant. Toujours le pot dans la main, le monstre posa un regard mauvais sur la frêle hypsaline.


- Tu voudrais la tester, ton infamie de pommade ?

Sa voix se vit plus doucereuse comme il s'approchait d'elle à nouveau. Son buste, légèrement penché en avant, mettait en valeur ses yeux globuleux dont il était si fier. Il boitait un peu, mais pas assez pour paraitre vraiment gêner. Comme si il mimait cette gêne par habitude, mais oubliait d'en appliquer les conséquence. Il avait autre chose en tête... Une charmante demoiselle à séduire pour mieux la disséquer. Bon, niveau charme, il n'était pas très au point à moins de s'enticher des odieux chamans maléfiques.

- Je peux te la préparer, et si tu te l'appliques sur le visage, je te garantie que tu n'auras jamais de ride, petite reptile chétive...

Il avait beau regarder le serpent doré sur la fin de sa phrase, nul doute que l'expression s'adressait bien à sa patiente. Il venait simplement de faire un parallèle... Oui, la sang froid, les reptiles en ont et ils sont d'ailleurs les seuls être vivant relativement évolués à en avoir. Sa phrase était très clairement une menace, aucun doute que si elle prenait le remède proposé, seul la mort l'empêcherait de vieillir. Enfin, tout de même, ses insultes s'adoucissaient un peu... Ou alors elle s'y habituait. Enfin, au moins il ne l'avais pas (encore) assommée avec une autre substance pour la forcer à obéir et à dormir.
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Constance de Négativité
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mer 23 Nov - 17:41

Sur le moment, Constance commence par applaudir joyeusement son déterré d'interlocuteur. (Sérieusement, si elle n'était pas sur l'eau, elle chercherait la tombe ouverte).

- Bravo ! T'as deviné que je suis apparentée aux reptiles rien qu'en touchant mon sang. Très impressionnant, même pour un homme de l'art. (Elle se redresse quelque peu sur sa couche et se cogne inévitablement contre une étagère en voulant s'adosser au mur). Mais alors, tu sais aussi que j'ai des crochets venimeux derrière mon sourire ?

Et justement, elle sourit de toutes ses dents. Des dents assez régulières au demeurant, saines et indemnes. Par contre, aucune ne dépasse de la ligne communément admise comme humaine. Elle glousse.

- Je plaisante. Je n'ai rien de tout ça.

Elle ne peut pas s'empêcher d'être badine, l'hypnalisine. Sûrement parce qu'il fait chaud pour commencer. Peut-être aussi parce qu'il y a dans l'onguent qu'on lui a appliqué sur le bras une substance euphorisante pour endormir la douleur. Et enfin, pour une bonne moitié, parce qu'elle trouve qu'il y a dans ce docteur fripé comme un sac vide, un je-ne-sais-quoi de franchement amusant. Amusant oui.

Faut vraiment avoir été élevée par des créatures baveuses et avoir sauté sur les tentacules de pépé-la-pieuvre pour trouver quelque chose de marrant sur une tronche aussi éreintée. Rébarbatif comme un pruneau desséché, le doc crache ses répliques avec l'application d'un dénoyauteur de fruits mûrs. Et pourtant, elle ne peut pas s'en empêcher, elle a envie de jouer. D'être légère, peut-être même libertine. Quelle tarée.

Constance tente de se redresser une fois de plus et –une fois encore- écope d'un choc sur le côté du crâne contre un montant de la cabine. Elle grimace mais parvient quand même à se trouver une position semi-assise, les jambes écartées et les deux poings enfoncés entre les cuisses. Elle fait alors un petit mouvement de menton en direction du bocal que l'autre épouvantail tient dans sa serre décharnée.

- Contrer les rides ? Mais pourquoi voudrais-je ne jamais avoir de ride ?! Pourquoi refuserais-je le Changement pour garder éternellement un état. D'ailleurs, pourquoi voudrais-je l'éternité ?

Maintenant, Constance est sérieuse, elle penche la tête sur le côté et tripatouille une des breloques en bois nouée dans ses cheveux. Un petit cylindre sculpté de manière assez primitive. Une pièce de fer sur le marché de Menetyr, elle a trouvé ça joli.

- N'est ce pas plus intéressant de voir ce qui évolue, ce qui Change ? Pourquoi rester jeune quand on peut vieillir ? Pourquoi rester mince quand on peut grossir ? Pourquoi rester petit quand on peut grandir ?

Se faisant, la jeune fille se passe une main sur son propre ventre où, elle le sait, ses hormones s'activent déjà pour lui préparer une nouvelle phase de mue. Elle égraine son sablier mental : sixième semaine, elle entre dans le stade Bruyère Fleurie. Dans deux semaines, elle portera les premières marques d'une femme enceinte et dans un mois, elle sera ronde comme une mère porteuse à son terme. Elle pleurera du sang, elle sera malade… une étape exaltante.

Puis elle se reconcentre sur le praticien qui pourrait, après tout, peut-être lui filer un coup de main pour soulager certaines nausées quand le moment sera venu. Mais pour le moment, elle a juste envie de le taquiner un peu :

- En revanche, je serais curieuse de voir ce qu'une telle pommade pourrait faire sur une personne ayant déjà des rides… voilà ce qui serait plus palpitant d'un point de vue expérimental ! On ne sait jamais ce qui marche ou ne marche pas si tout reste figé. Il faut du trublion, du tourbillon, de la tourmente pour mieux observer ! Je suis sûre que tu es du genre à préférer la tempête au calme plat. Je me trompe ?
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mer 23 Nov - 23:45

Des crochets ? Non, il n'avait pensé à rien d'aussi visible. Plutôt des mécanismes corporels différents. Elle serait donc vraiment le mélange d'un humanoïde et d'un reptile ? D'un serpent plus précisément. Si il n'avait pas de quoi déterminer l'espèce exacte, elle venait de lui en donner la réponse par l'histoire des crochets. Petite créature venimeuse... Intéressante, de plus en plus. La nuit risquait d'être longue quand elle se déciderait à se retirer dans les bras de Morphée... Ou plutôt dans les siens en l’occurrence. Et si elle n'était pas tentée par une folle nuit d'expériences à sens unique, il devait bien avoir quelques substances pour la convaincre. Pas tout de suite. En fin psychologue, il savait avoir bien plus de chance d’extorquer des informations en écoutant la belle inconsciente plutôt qu'en la disséquant sans crier garde. Sans compter les ennuis que risquaient de lui attirer cet acte passionné.

Son visage ne se défaisait pas de sa froideur acariâtre, mais intérieurement, il souriait. Depuis combien de temps n'avait t-il pas rencontrer un être qui ne le craignait pas ? Depuis... Depuis qu'il avait quitté sa sœur en fait. Oh, le sentiment de chaleur humaine ne lui manquait pas le moins du monde, simplement, l'expérience d'une conversation promettait quelques nouveautés. Il n'était pas médecin de bord pour guérir les écorchures... Plutôt pour écorcher les indemnes. Ces fichus survivants trop solides pour daigner se présenter devant sa porte, inutiles. Les deux dernières années n'avaient pas été des plus productives. Pour un peu, il aurait pris plaisir à faire avancer la science en écorchant le capitaine ! Bougre d'âne, il avait la tête sur les épaules celui ci, mais bien trop peur qu'elle ne s'en détache pour en faire quoi que ce soit ! Son laboratoire flottant s'était transformé en centre de repos (pas assez éternel à son gout justement). Si on lui demandait de jouer les belles petites infirmières aguicheuses, les patients allaient être surpris ! Il n'avait pas tout à fait la tête de l'emploi. Et cette charmante imprudente qui jouait à lui montrer ses belles petites quenottes... Croyait t-elle vraiment l'inquiéter de ses particularités ? Il ne serait au contraire que trop heureux de les découvrir.


- Serpent ? Tu manques de morgue pour un reptile. Tu n'as de cette espèce que le sang et les tortillements pathétiques.

Le vieux débris se tasse, approchant son visage repoussant de celui de l'hypsaline. En parlant de rides, elle n'en a pas. De belle facture, bien assez pour s'attirer les ardeurs des marins ! Si son regard laiteux et investigateur semblait s'attarder sur une particularité physique qu'il était le seul à voir, son esprit cherchait en réalité une déviance comportementale. Cette patiente se comportait tout bonnement comme si elle cherchait à l'allumer et il n'était pas nécessaire d'avoir de profondes connaissances en psychologie humaine pour voir le problème. Il n'avait rien d'attirant, et même par dépit, aucune femmes "normales" ne se laisserait émouvoir par son apparence cauchemardesque. En y ajoutant un soupçon d'injure et d'âpreté, il avait naïvement pensé se détacher de toute forme de sentimentalisme. Échec, toute sa théorie du vivant qui se retrouvait écroulée par le jeu des implication et des imbrications à cause du sourire d'une cinglée. Un cas à sortir de l’échantillonnage du "commun" pour ne pas fausser les données. Ou... À moins que son attitude ne soit pas motivée par un quelconque attrait, mais plutôt par une volonté d'expérimentation. Cette hypothèse la ferait presque entrer en marge du genre humain.

Oui, aussi... Doc' s'écarte et se retourne, lui envoyant presque le pot de verre en plein visage. Un flot d'insultes interrompt très momentanément l'extravagante demoiselle alors qu'il ramène brutalement le serpent sur ce qui tient lieu d'étagère. La fanatisme ! Nous y voilà. Si les injures sont d'avantage élevées contre lui même que contre sa patiente, il ne serait pas fâché qu'elle les prenne pour elle. Les cultes expliquent bien des comportements extrêmes, et celui du Changement, plus encore que les autres ! Une facette de l'humanité sur laquelle il n'a que peu eu l'occasion de se pencher. Il ne s'agit pas d'un ivrogne criant son désespoir aux puissants de ce monde, mais bien d'une cultiste croyant immuablement à l'instabilité. Un très alléchant phénomène de perversion de l'esprit, de perte de logique et de valeurs pour une croyance. Hum, on en mangerait ! Et ces oiseaux rares ne se laissent pas souvent attraper ! Pour peu, il serait presque prêt à accepter de commencer d'envisager la possibilité conditionnelle d'une alliance à but purement expérimentale. Bon, tout de même, Doc' n'en était pas encore là. Il faut d'abord apprendre à se connaitre, se parler... D'ailleurs, sur ce point, il préférait de loin l'écouter et garder sur son être un voile d'ombre. Qui est l'imbécile heureux qui a osé prétendre que les relations humaines devaient être à double sens ? Les expériences du sorcier démontraient l'inverse.


- Cette pommade lui fluidifierait bien proprement le cerveaux, pauvre inculte ! Il s'agit d'une espèce ayant développée des résistances aux prédateurs aquatiques dans l'estuaire du fleuve Ming chè. Si tu appelles "expériences" la liquidation sans issue des sujets, tes études seront aussi vides que le néant de ton esprit dérangé.

Avait t-elle vraiment pris cette prétendue pommade anti-ride au pied de la lettre ou était-ce simplement une remarque stylistique ? Doc' penchait jusqu'au flanc pour la deuxième option, mais il était encore trop tôt pour le montrer. Jusqu'où pousserait t-elle son intérêt face aux répliques acerbes et envenimée ? Il n'osait trop forcer le rythme, de peur de briser ce merveilleux édifice de croyances. Et une autre question pointait bien malgré lui son nez entre les murailles de solitude. Cette frêle serpentine avait t-elle des connaissances digne d'intérêt qu'il pourrait se plaire à extorquer ? Peut être que tenter le coup pourrait lui rapporter quelques apprentissages.

- Tempête et Tourmente, tant que tu veux, fillette inconsciente. Mais la foire aux folies n'apporte aucune connaissance. Le tourbillon doit prendre les autres, si tu veux apprendre, et ne vas pas te mettre en tête que que j'affronte la tempête. Tu ne piges rien à la médecine si tu penses envoyer tous les cobayes au casse pipe ! (Il saisit une fiole où nage de petits êtres d'un demi millimètre tout au plus vaguement lumineux.) ... Ceux ci donneraient de biens meilleurs résultats...

Attendre, écouter ? Au fond il n'en sait trop rien, il n'a pas encore tout essayer bien que les premiers résultats soient relativement encourageant. Mais, voyons ce qu'elle trouvera à répondre...
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Constance de Négativité
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Jeu 24 Nov - 22:17

Au début, Constance a un mouvement de recul lorsque la bobine grimaçante du médecin vient se coller tout contre sa frimousse rosie par la chaleur. Réflexe naturel face à l'agressivité. Et comme un reptile, elle siffle soudainement entre ses dents, la langue pointée entre les incisives. Elle émet une sorte de trille bizarre, nerveuse, puis reprend son calme.

Ce misanthrope est complètement fondu. Mais l'hypnalisine connaît le comportement des monstres. Ils sont perpétuellement hostiles jusqu'au moment où ils cherchent simplement à vous éventrer d'un coup de griffe. Le toubib n'a pas les ongles assez longs, mais il dispose certainement d'ustensiles pour œuvrer en ce sens. La jeune fille soupire doucement d'un air doucereux. Elle sait qu'elle joue avec le feu. Mais c'est toujours comme ça au service du Changement.

Alors elle sourit à nouveau, acquiesce mentalement et s'offre un court temps de réflexion –index sous le menton- avant de répondre :

- Mais qui a dit que je m'y connais en médecine ? Ma discipline n'a rien d'une aspirine. Je suis une hypnalisine !

Toutes ces rimes en –ine, c'est parce qu'elle est d'humeur taquine.

- Ce qui m'intéresse c'est de voir ce que ça Change de tester tout ça. Et si pour ça, il faut passer de vie à trépas et bien c'est une forme de modification comme une autre !

Elle se gratte le pansement, puis, d'une impulsion des poignets, saute au bas de la paillasse et contourne prestement son interlocuteur pour examiner plus attentivement le contenu des étagères. Il y a de tout : des poudres rances, des bocaux hermétiques, des sacs anonymes, des doigts de la main, des petites bestioles encagées…

- Et ce fatras donne de bons résultats ? Je veux dire, stocker les spécimens, c'est chouette mais est-ce que ça vaut les idées sur le vif ?

Constance repense à son grain modifié. Voilà ce qu'on appelle l'élan du moment.

- Personnellement, je préfère le vif, l'ardent et le concupiscent. C'est tellement plus plaisant que l'inerte, le froid et le réticent !

Sur ce, elle fait une élégante rotation sur un pied et retourne se positionner du côté du docteur, fixant l'intérieur de la fiole de ses grands yeux pétillants :

- Tritonarium Lumens ? Ce ne sont pas ceux là qui prennent une forme d'aiguillon au stade adulte et deviennent agités d'une sorte de frénésie sexuelle jusqu'à la reproduction qui se suit de près par leur décès ?

Elle cligne de l'œil.

- Vraiment, toubib, tu sais choisir tes sujets ! Mais dis moi, tu donnes pas dans les plantes ? Les végétaux, ça c'est fascinant ! Ils s'adaptent sans cesse, plus rapidement et plus totalement que n'importe quel animal. Leur lutte sans fin pour la lumière les pousse à des extravagances bien plus cruelles que les pièges des araignées. Ils sont magnifiques, Changeants, instables... tellement imparfaits qu'ils évoluent sans cesse...
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Dim 27 Nov - 19:30

Hypnalisine ? Il n'avait jamais entendu ce terme, mais le savant fou le rangea immédiatement dans son répertoire mental de "races exotiques" à la catégorie "bizarreries empoisonnées", même si "empoisonneuses" eut été plus approprié.

Hypnalisine :
Cette race délurée et libertine, a pour toute particularité apparente un sang froid et trop liquide pour de coaguler convenablement. Incapable de survivre à l'état sauvage par un organisme inadapté à leur mutation, les individus cherchent des imbéciles assez faibles pour croire à leurs discours fanatiques et décousus, afin que ceux ci assurent leur protection. Sans doute tous membre du culte du Changement (car aucune espèce n'a pu se développer aussi mal à l'état naturel), ils semblent se tourner vers l'aspect social de leur secte, que ce soit par choix ou parce qu'ils ne savent rien faire d'autre. Leur apparent attrait pour les végétaux permet sans grand mal de les qualifier de plante verte, mais peut être possèdent t-ils quelques particularités plus intéressantes.
PS : Ces déductions ne sont basées que sur l'observation rapide d'un seul individu et devront donc être mis à jour au fils des expériences.

Bon, à première vue, ce n'était pas fameux. Enfin, il ne fallait pas s'attendre à mieux ! Un membre important de ce culte aurait réduit son laboratoire en copeaux de bois, et le navire avec par la même occasion. Fichu fanatiques... Il serait bien plus sécurisant de les observer derrière une vitre ou enfermé dans une cage reproduisant partiellement leur milieu naturel ! Sauf qu'autant cette petite grenouille, il voyait comment la mettre sous clef, autant son milieu naturel risquait d'être un peu moins conciliant. Elle lui tournoyait autour bien trop vite à son gout. Bien, il allait falloir forcer la dose. Pas question de laisser des petites mains trop spontanées trainer partout dans son atelier. Il reste face à elle, de moins en moins bonne humeur. Elle y va trop fort la petite coquine, elle oublie qu'elle est dans l'antre du démon !

- Les sciences ne sont qu'un volet de la médecine, pauvre cruche. Ce n'est rien d'autre que la manipulation de la vie.

L'exaspération transparait clairement dans sa voix, et la belle aurait pu s'en méfier si il ne s'exprimait pas déjà ainsi auparavant. Difficile de percevoir les saute d'humeur d'un monstre qui se montre toujours furieux et désagréable. Alors qu'elle approche de la fiole, il lui saisit le bras, prenant bien soin de renouveler la douleur de la stupide écorchure que cette douillette créature est venu lui demander de guérir. Voilà qui lui rappellera au moins le sens des réalité, Doc' n'a nul besoin de force pour faire mal, il sait trop bien où appuyer.


- Et ça suffit, bougresse ! Retourne à ta paillasse ! Je n'ai pas besoin d'avoir une fillette excitée dans les jambes !

Le doux fumet du gaz soporifique coule de sa manche, s'enroulant en volutes invisibles autour de la main osseuse de l'abomination. Oh si elle va se remettre au lit, il a horreur des malades en liberté. Et encore plus horreur de ceux qui ne savent pas garder leurs mains en lieux sûr. Mais si le diable est aussi fielleux qu'intransigeant, il n'a pas la musculature d'un colosse et ne dépasse la frêle serpentine que d'une demi tête tout au plus. Son seul atout est ce gaz anesthésient à effet rapide... Et sa connaissance des points faibles du corps humain. Pourtant, pas question de lui laisser le temps de comprendre qu'elle peut sans grand mal lui échapper, sans même reprendre son souffle, il reprend son discours d'un ton haineux, comme si sa manœuvre en faisait partie intégrante.

- ... Et pour parfaire tes connaissances, ces organismes, lors de leur phase de reproduction, sécrètent une substance qui a un effet très puissant sur bien d'autres espèces. Vu tes allures dépravées, tu ne dois pas avoir de mal à imaginer lequel. À la seconde phase de leur développement leurs sécessions changent et deviennent encore bien plus intéressante. Mais ces études ne sont pas à la portée d'une petite botaniste délurée !
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Lun 28 Nov - 22:22

D'abord, Constance a envie de rire. De rétorquer de plus belle que la médecine est une part de la science et que la science et une mini-fraction du Changement ! Elle a envie de sertir toutes ses phrases de petits points d'exclamation marqués du bout de la langue.

Et puis subitement, elle ne sourit plus du tout. Sa bouche s'arrondit sur une voyelle douloureuse. Elle couine alors que les doigts cruels du médecin ravivent une douleur qui savait, jusque là, très bien se faire oublier ! Des larmes naissent dans ses yeux tandis qu'elle se fait impitoyablement repousser en position horizontale.

Une petite perle froide roule sur sa joue tout aussi froide et vient se nicher dans son cou. Constance se raidit encore d'un cran. Maintenant elle a vraiment peur. Le monstre s'éveille. Il est affamé. Il réclame sa pitance.

La petite hypnalisine n'est pas résistante, ni à la douleur, ni aux menaces physiques. De fait, elle n'est pas si brave que ça. Non, pas du tout en fait. Mais il y a au fond de son crâne une force de déformation impérieuse qui surclasse largement toutes ces petites émotions fugitive et instables.

- Ah… hoquette t-elle entre deux spasmes nauséeux. Ça Change les choses, de savoir. Pas vrai ?

Elle se sent perdue. Anesthésiée en pensée. Les oreilles dans la ouate et les yeux dans le brouillard. Du même coup, la douleur si vive qui lui incendie le bras se love tout gentiment au fond de son trou et s'assoupit. La Changeante comprend qu'elle est tranquillement en train de se faire droguer. L'odeur, entêtante, lui nimbe l'esprit de nuages. Elle se sent partir…. partir seule…

Alors d'un dernier sursaut d'énergie, elle se redresse et attrape la main du doc. Cette même main qui lui compresse la plaie méticuleusement. Elle ne sent plus rien. Et sous ses doigts, c'est comme du bois enveloppé de coton épais.

Elle utilise quand même ce levier instable et se hisse droite. Là, prenant bien soin de fixer son interlocuteur dans les orbites vides, elle interroge :

- J'ai vraiment l'air d'une délurée ? Moi ? (Elle soupire profondément de lassitude) Merci pour le pansement toubib…

Et basculant soudainement en avant comme une ivrogne ensuquée, elle dépose une bise sur la joue du médecin hideux. Un baiser aussi étrange que la joue qui la reçoit. Constance y applique sa langue, sinueuse, sensitive et bourrée de récepteurs olfactifs qui lui donnent d'autres informations à elle, sur la saveur de ce drôle de type. Mi-figue mi-raisin. Comme elle, mi-folle mi-raison. Finalement achevée par ce mélange d'alcool, de fatigue, de froid et de vapeurs délétères, sa tête roule alors sur l'épaule décharnée et osseuse, elle s'assoupit avachie sur le soigneur, trouvant juste assez de réserve pour zézayer entre ses lèvres :

- Ze chuis pas une bohanisheeee...
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mar 29 Nov - 12:14

Doc' aurait bien reculé sous le coup de la surprise, mais l'étrange créature lui tombe tout bonnement dans les bras. Bon sang, elle pèse son poids ! L'hideux personnage joue des drogues et des douleurs pour arriver à ses fins, mais quand une femme lui tombe dans les bras, il ne peut plus tricher. Il s'effondre sous la belle, incapable de supporter son poids pourtant modeste. Un flot d'injures emplit la salle alors que l'amas informe de haillons s'extirpe de son la masse inerte de la changeante. La situation n'est pas glorieuse, heureusement que les matelots ont appris à ne jamais entrer dans l'infirmerie, surtout quand le diable se mettait à jurer. Une fois libéré, le monstre se redresse et replace ses haillons avent de poser un regard blanchâtre et furieux sur la loque endormie. Le coup du câlin, il ne s'y attendait vraiment pas ! Même sa mère ne venait pas l'embrasser quand il était tout jeunot ! Fichu femme lézard... Et elle plus elle ronfle comme une bienheureuse maintenant. Enfin, il faut voir le bon coté des choses, elle ne mettra plus les mains dans ses affaires, maintenant ! Pas tout de suite du moins.

Avec mauvaise humeur, il va ranger le pot de verre. Cette folle de capitaine a prévue de partir à l'aube, et le départ risque de secouer alors il doit mettre ses sujets d'expérience en sécurité. Laissant la changeante à même le sol, il range, attache, protège... Si un seul récipient venait à casser, il serait furieux ! Tout en enfermant son laboratoire dans une solide coquille, il jette régulièrement des regards à sa patiente. Bon, elle lui avait parue plutôt résistante à la drogue dans un premier temps, mais il a assez forcé la dose pour qu'elle en se relève pas. La tête lui tourne aussi un peu. Il a beau faire son possible pour ne pas respirer ces effluves soporifiques, avec la quantité qu'il a du utilisé, quelques particules lui ont sauté au nez. Perturbante, la demoiselle, maintenant qu'elle dort enfin, il va pouvoir l'observer de plus près. Refermant la dernière caisse, il s'approche de la belle endormie.

Qu'est-ce qui lui a pris ? Jamais aucune femme ne lui a sauté dans les bras, et l'affreux sorcier serait bien surpris que cette attitude ne cache rien de spéciale. Avec quelques grognements et deux trois insultes, il finit par la remonter sur le matelas. Ses autres spécimens sont en sécurité, mais il reste celui là, qui est loin d'être le moins intéressant. Saisissant des cordes prévues pour l'occasion, il ligote consciencieusement l'hypnalisine sur son lit, prenant bien soins de ne pas laisser les poignets libres. Les cordes sont d'avantage prévue pour l'empêcher d’osciller d'un mur à l'autre de la cabine quand la Zéphyr prendra la mer, mais pour ce cas précis, il ne veut pas voir ce bel oiseau s’envoler. La pansement est toujours un bon état pour le moment, mais il vérifiera dans une heure l'évolution de la plaie. Le médecin ignore encore comment soigner cette race inconnue et le scientifique fou meure d'envie d'en connaître les particularités en terme de guérison, entre autre. Vérifier les étrangetés apparentes déjà. L'abomination l'examine, lui ouvre la bouche pour s'assurer qu'il n'y a en effet pas de crochets, vérifie ses pupilles, sa peau... Les marques qui la couvrent l'intriguent quelques temps. Des forme de ventouses... Le savant hotte les frusque de sa patiente pour mieux appréhender cet étrange phénomène. Légères, comme de vieille cicatrices d'une plaie qui n'a jamais été ouverte. D'après ce qu'il sait d'elle et de ses allégeances, il peut sans mal y voir la fabuleuse étreinte d'immenses tentacules. Rien de particulier sinon... Si, cette tension de son abdomen. Les prémisses d'une grossesse ? Ou tout simplement les marques d'un trop plein d'alcool, difficile à dire. Un point à surveiller, car il ne compte pas la disséquer tout de suite. Plutôt intéressante cette petite impertinente. Reste l'aspect du sang. Doc' sort de sa manche une fiole sombre, et son visage se fend d'un bien mauvais sourire. Il a tout son temps, mais trop hâte de commencer l'étude pour ne pas se lancer de suite dans ses expériences. Beaucoup de souris mourront après injection d'une dose de sang froid, cette nuit, et quelques serpents subiront un sort tout aussi peu enviable. Quand au propriétaire de cette main entraperçue, sa vie risque de prendre fin de façon plus ou moins atroce... Ou pas. L'état du cobaye n'est pas encore stabilisé, donc tout peut arriver. Le bourreau sans conscience ne se contente pas du sang de sa patiente, il a sous la main bien d'autres substances.

Quand Constance reprend conscience, elle est solidement attachée sur le lit, protégée de la brûlure des cordes par une épaisse couverture sous laquelle elle se trouve parfaitement nue. Les chaos du navire l'enverrait sans mal au plafond si elle n'était pas retenue sur sa couche ! Le navire se penche presque à l'horizontale et se redresse brutalement avant de bondir en avant. Dans l'infirmerie, rien ne bouge, mais les cordes et filets enferment tous ce qu'elle avait pu voir auparavant trainer. Doc' est lui même solidement attaché, mais le monstre a gardé les mains libres et s'en sert presque avec frénésie. Un jeune homme d'une vingtaine d'années tout au plus est étendu sur un matelas, parfois pris de convulsions... Il n'a pas l'air en forme. Et pourtant, on pourrait presque voir le monstre sourire. Le sujet est sur la pente raide, mais il est toujours en vie donc peut être y a t-il moyen d'en tirer quelque chose ? Pauvre homme, son organisme n'a pas apprécié qu'on lui inocule du Changement à l'état pure.
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Constance de Négativité
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mar 29 Nov - 23:41

Lorsqu'elle émerge de cet engourdissement chimique vaseux, Constance a les yeux collés, la bouche pâteuse et la langue aussi épaisse et sèche d'un cordage de marin.

Et tiens, justement, puisqu'on en parle, elle est aussi enrubannée comme un saucisson sur sa couche ! Elle gigote à peine, juste pour éprouver les liens qui l'enserrent, ce qui lui permet de constater deux choses :

1- que pour être docteur sur un navire, on n'en connaît pas moins la science des noeuds.
2- qu'elle est présentement, totalement et incompréhensiblement nue !

Aucun doute, elle sent le contact de sa hanche frotter contre son bras. C'est assez perturbant de penser que cette vieille branche (et par là, elle ne veut pas dire qu'il est sympa le Doc, mais plutôt qu'il est sec et grinçant) l'a déshabillée, reluquée et peut-être plus… !!

Perturbant et excitant.

Parce que mine de rien, ça fait quelque chose de s'apercevoir qu'on a été manipulée pendant son sommeil et qu'au réveil… et bien pour commencer, il y a un réveil ! Et donc qu'elle est vivante. Une Changeuse ne reste jamais insensible dans une situation qu'elle ne maîtrise pas. C'est plus fort que Constance, cette sensation chaotique libérée fait monter en elle des ondes de chaleur à s'en durcir le bout de la poitrine.

Elle souffle doucement pour ne pas attirer l'attention et tâche de se dégrouiller les yeux pour mieux voir la scène. Le doc est de dos, apparemment affairé sur un établi. Ça n'arrête pas de bouger. Droite, gauche… droite gauche. Le support est bancal. Non, le toubib aussi. Il a trop bu ? Non… c'est le roulis ! Le tangage du navire ! Le Zéphyr c'est ça ?

Constance essaie de se rappeler l'essentiel des dernières heures. Un condensé de figures, de conversations rapides, d'alcool bon marché et de mise en marche d'une équipée au pied levé. Il y avait cette fille, une fière et ardente meneuse aux yeux cernés de noir… et ce type un peu trop empressé… et… et tout se mélange encore comme un plâtre trop frais qui échoue à conférer à la sculpture tous ses traits. Et c'est encore pire quand Constance essaie de ciseler les détails, elle déforme carrément tout le reste.

Alors elle ferme à nouveau les yeux et tâche de faire le point sur le moment présent. Elle est captive du toubib, nue et reléguée à l'état de loque par ses drogues et… autres manipulations ?
Elle a encore mal au bras. Un bon signe en soit. Ne plus rien sentir, ça se serait gênant ! Elle connaît son corps et sait que sa plaie, aussi bénigne soit-elle, n'est pas du tout cicatrisée. En fait, bien qu'elle ne puisse pas l'examiner, elle sait que la peau n'est même pas encore refermée. Tout juste si le saignement s'est arrêté. Mais il suffirait d'une pichenette pour que ça recommence.

Elle le sait et elle le sent. Ce qui l'ennuie du coup, c'est que même si elle n'a pas faim, elle va devoir manger pour activer la guérison. C'est souvent plus rapide ainsi, l'accélération cardiaque provoquée par la digestion stimule du même coup la coagulation.
Enfin, elle peut aussi imaginer d'autres manières de se secouer le sang. Mais pour le moment, elle ne peut rien en faire. Que dalle. Mais Constance n'est pas inquiète. Elle ne peut pas l'être, même si elle a vaguement peur.

Le premier principe du Changement est qu'on ne peut s'y opposer. Ce dogme est gravé dans la chair, dans les méandres du cerveau de tous ses adeptes. Et quand on côtoie plus fort que soit (c'est-à-dire souvent dans le cas des petites hypnalisines), on reçoit forcément de l'inattendu. Du nouveau. De l'altération par paquets. Il faut le reconnaître comme un signe divin. Oh, pas l'accepter pour soi non, pas forcément. Mais en tout cas, lui vouer le respect requis.

Ça n'empêche évidemment pas de lutter, le Changement après tout, est toujours à double sens. Et même plus que ça. Il est multiple. Et pendant qu'elle récite en soubassement ces pieux aphorismes, elle cogite aussi, pour trouver une manière de s'en sortir.
La jeune changeante allongée sur le dos sur sa couche bercée par le roulis commence par émettre des sons de réveil plus audibles afin d'alerter son médecin. Elle baille, plisse les yeux, le nez et les lèvres.

- Je me demande s'ils ont déjà distribué mes semences… je me demande si mon expérience va marcher…

S'il y a une chose qu'elle a comprise en léchant le doc et ses odeurs médicamenteuses, c'est qu'il aime les produits. A l'entendre, elle a compris qu'il est fanatique des recherches. Et à le voir, ainsi affairé, il est clair que c'est un ardent expérimentateur. Alors peut-être que cette corde sera la sensible…

Constance cligne alors des yeux. Mais au fait… qu'est ce qu'il charcute là ?!
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mer 30 Nov - 15:14

Le chirurgien dément se retourna vers sa patiente. Des semences ? Un expérience sur le matelots du Zéphyr ? Oui, il était intéressé, mais aussi pas franchement content qu'une nouvelle sans scrupules se serve de son troupeau. Il n'était pas si partageur, le Doc' ! Et vu la vitesse d'usure des sujets d'expérience, pas sûr qu'il y en ait assez pour deux. Et qu'est-ce qu'elle fichait à se réveillée si tôt, cette fille ? Il pensait l'avoir droguée pour plus longtemps. Ou elle est résistante, ou il faudra préparer à nouveau du gaz soporifique car celui ci n'avait plus grand effet, mais dans les deux cas, son réveil l’ennuyait un peu. Il aurait préféré avoir le temps de cacher le pauvre bougre moribond et expérimental avant qu'elle ne s'éveille. Ce n'est pas tout, mais les matelots n'auront aucun mal à deviner d'où il vient et ils risquent de ne pas apprécier que leur très cher médecin de bord expérimente quelques horreurs sur les prisonniers. Non qu'ils aient une grande valeur, mais tout de même. Ces gens là avaient une fâcheuse tendance à s'émouvoir pour un rien. Il avait pourtant pensé monté sur un navire pirate bon sang, avec des hommes au cœur dur comme la pierre, alors il n'allaient tout de même pas s'attendrir pour un pauvre benêt sans futur. Même les brutes ne sont pas sans failles... Il en avait assez étudié pour la savoir. Il est des abrutis qui trouvent normal de saigner tous les matelots d'un navire marchant dans le feu de l'action, mais qui n'acceptent pas qu'un ou deux périssent plus tard, après injection de substance plus ou moins louches. Ne comprenaient t-il pas que ces mots apprenaient à Doc' à parfaire ses connaissances en médecine ? Pas seulement bien entendu, mais en partie, n'était-ce pas suffisant ? Ils voulaient un médecin de talent, mais avaient du mal à en accepter les répercutions.

Se redressant tant bien que mal, il plongea son regard blanchâtre dans les yeux claire de Constance, la fixant sévèrement. Les liens l'empêchaient lui aussi de se mettre debout, ou même d'aller jusqu'à la couche de sa patiente pour lui ré-administrer une dose de somnifère. Et puis, en fin de compte, elle aurait peut être une idée pour empêcher cette loque de clamser ? Lui, ne savait plus trop que faire à part lui administrer très régulièrement des calmants et contrôler de façon médicamenteuse la vitesse des battements de son cœur. Enfin, son état ne semblait plus trop s’aggraver depuis une demi heure, mais ce devait être l'effet de hormones qu'il lui avait injecté une heure plus tôt. Ce serait dommage qu'il finisse comme les rats tout de même, il avait tenu plus longtemps qu'aucune d'entre eux. Mais d'abord, lui faire bien comprendre a qui appartenaient ces cobayes !


- De quel droit tu te lances dans des expériences sur MON équipage, peste d’érudite ! Tu vas m'expliquer ton plan en détail et je jugerai si on laisse faire ou non. Et va pas t'imaginer que tu as déjà gagné, rien n'a été distribué ce matin. J'ai largement le pouvoir d'empêcher tes sournoiseries, à mon bord.

L'abomination semblait considérer ce navire comme le sien, pourtant, Constance avait bien pu se rendre compte qu'il n'était pas franchement des plus apprécié, et elle pouvait sans doute même facilement comprendre pourquoi. Il n'y avait bien que les changeant pour trouver quelques intérêts à un tel psychopathe. Évidemment, il y avait peu de chance qu'il s'oppose à une expérimentation du moment qu'il était au courant de tout et la maîtrisait partiellement, en tous cas, si ce n'était pas le cas, le pauvre gars suant n'aurait rien à faire là. Il avait le teint presque aussi livide que celui de son bourreau, et ce n'était pas peu dire. Ses lèvres s'entrouvraient par moment, cherchant à happer l'air comme un poisson hors de l'eau... Il était en piteux état, et pourtant Doc' l'avait un peu requinqué récemment. quelques mèches entre le blond trempé et le roux échappaient de la serviette qui lui rafraichissait le front. Pas si laid, pas de blessure visibles à part un plâtre à la jambe. Le chirurgien fou avait quand même eut la bonté de le guérir de ses blessures d'abordage avant de lui injecter une bonne dose de mort liquide. Après un geste vague vers le malade, le monstre se résigna à poser se question. Il avait horreur de demander des conseils, mais dans le cas présent, il n'avait aucun autre moyen d'obtenir un résultat plus intéressant que la mort du patient.

- Qu'est-ce que tu connais des expériences de ton culte, qu'on voit si quelque chose peut remettre cette loque sur pied.

Oui, c'était presque une proposition de partenariat... En prenant en compte que l’associé était solidement attaché, mais ne pouvait t-on y voir une mesure de sécurité ? Avec les vagues, il valait mieux qu'elle soit solidement ligotée, et la mer ne s'améliorait pas qui plus est. D'accord, lui passer des cordes aux poignets pour l'empêcher de se détacher, ce n'était pas forcément super utile, mais ses fichues mains avaient tendance à trainer un peu trop partout quand elles étaient laissées libres ! Et puis, peut être qu'il se résoudrait à desserrer les liens si elle le demandait. Peut être... L'espoir est parfois vain, mais il est toujours bon de garder quelques illusions pour ne pas céder à la panique.
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Constance de Négativité
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Jeu 1 Déc - 20:39

Le médecin semble mordre à la longue et tortueuse ligne des petits secrets inavouables ! Constance sourit discrètement, relevant à peine une de ses pommettes de grignette. Elle soupire de soulagement, c'est toujours une bonne chose de commencer une conversation avec un monstre. C'est quand même plus facile à gérer qu'une suite de borborygmes incompréhensibles. Quand au fameux jeu des énigmes, elle ne s'est jamais sentie très à l'aise avec les questions à double ou triple sens. Tout ça est bien trop complexe pour sa tête trop versatile. Qu'elle décroche ou qu'elle parte en cloche, Constance ne se fixe jamais bien longtemps sur la même idée.

Mais en l'occurrence, il lui faudra bien se concentrer un petit peu, si elle ne veut pas y laisser sa peau, son sang, ses cils ou ses dents. Après tout, Embrun n'a jamais précisé qu'elle avait l'intégrité garantie sur son navire. Et ce petit réduit de l'alchimiste fumeux semble être un royaume à part. Une utopie lasse du temps qui passe où subitement, plutôt que d'enchaîner bêtement les évènements de manière linéaires, les uns après les autres, on aurait décidé de les fourrer tous ensemble dans un grand sac, de secouer et de les piocher par deux ou trois au hasard.

C'est donc ainsi que Constance se retrouve dans une situation emberlificotée où elle est entortillée de cordages, il y a un blessé agonisant sur une table d'opération de fortune, qu'on la questionne sur la médecine, qu'on la ligote sur une couchette, qu'on la réprimande et qu'on lui demande des informations.

Ce vieux bouc ! Aime t-il le son des cloches aux matines ? En tout cas, Constance ne voudrait pas passer pour une cloche en faisant sa mutine. Il faut un minimum de sérieux. Et c'est donc d'un ton sirupeux, en tortillant de son petit nombril invisible sous la couverture rêche, qu'elle sirote sa réponse en trois temps. D'abord :

- Je ne tire d'informations que de ce que je touche.

Un air mystérieux, le regard ajouré de cils sémillants. Constance se passe furtivement une langue gourmande sur les lèvres. Ce qu'elle dit est vrai : chez les hypnalisins plus que beaucoup de races, la connaissance passe par la tripatouille. Les yeux sont de piètres instruments quand on possède une langue dotée d'autant de capteurs ! Les humains font confiance à leur regard, mais quand on est au service du Changement, on apprend très vite à ne plus croire ce que l'on voit. Uniquement croire, avec des points de suspension pour rester en haleine.

- Alors je ne peux pas te donner de remède si je ne sais pas ce qu'il a. Mais quand bien même, les expériences de l'Ordre ne concernent que rarement la sauvegarde d'un seul individu. Nous étudions les passages. Parfois celui de la mort à la vie. Parfois de la vie à la mort. Et parfois de la vie à la vie. Pourtant, par ma simple présence, une part de l'attention tourbillonnante du Changement pourrait se focaliser ici. Peut-être. Peut-être. Je suppose que son sort est entre Ses mains. Et par là, je ne veux pas dire sa guérison. Là, c'est ton talent personnel qui intervient. Non, je parle de son état. De ce qui viendra après et de quelle manière ce sera différent de l'avant !

Là-dessus, donc, elle sourit. Et sans cohérence, à l'image de cette entrevue décousue où les conversations s'interrompent sur des songes sans sommeil (ou l'inverse, c'est possible), Constance s'amuse.

- Et s'il y avait des choses sur navire que tu voudrais Changer toubib ? Comment procèderais-tu ? Par des touches méticuleuses, comme un peintre ? Ou par quelque chose de plus grand, de plus impérieux, à l'image d'une inlassable marée montante qui lèche les contours rocheux d'une côte ? Plusieurs sujets à la fois, c'est encore le meilleur moyen de comprendre le résultat !

Constance est toujours nue, toujours attachée mais en somme, elle n'y pense plus. Passionnée par l'échange, elle commence à partir dans ses envolées lyriques qui l'ont classée parmi les déjantés de l'Ordre. Elle est de ceux qui prônent parfois de grandes idées sans qu'on sache vraiment si c'est sensé ou du babillage provoqué par le bourrage de crâne.

Et pendant ce temps, qu'en est-il de l'état du moribond ? Et bien peut-être effectivement, que le Changement aura une influence inédite sur l'affaire...

pour le lancer de dé:
 
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Jeu 1 Déc - 20:39

Le membre 'Constance de Négativité' a effectué l'action suivante : Lancer les dés du Changement

'Dé du Changement' :

Résultat :
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Ven 2 Déc - 15:45

Le monstre plisse légèrement les yeux. Oui, le poisson a mordu à l'hameçon et il est même solidement planté. Constante peut être fière, il n'a plus l'intention de la disséquer après étude de sa psyché. Les passages de la vie à la mort, de la mort à la vie... Voilà qui est encore bien plus passionnant que les expériences incertaines d'actions de certaines substances sur le vivant. L'abomination n'avait encore jamais vu le Changement de cette façon. Il faut dire qu'il n'avait pas encore au la "chance" d'en rencontrer les incarnations. Ce culte avait peut être plus à lui apporter qu'il n'y paraissait, même si ce qu'il cherchait était plutôt du domaine de l’immuable, en un sens. La vie éternelle... Mais étudier les passages étaient un premier pas vers ce but. Par contre... Elle ne comptait tout de même pas tuer tous les matelots ? !

- Qu'as tu fait, mollusque stupide... Les expériences à grande échelle sont une aberration sur un si petit navire... Du moins si elle implique la mort du sujet...

Sa voix tapait dans les graves, très grave même, et très menaçant. Quand on a un brin de jugement, on ne laisse pas un loup dans la bergerie, quelque soit l'intérêt du prédateur en question. Modifier n'était pas un problème en soit, mais la mort devait être distribuée avec parcimonie. Pour celui ci ? Hum... Il n'avait pas pu résister et pour le précédent non plus d'ailleurs. Mais ce n'était qu'un individu, pas la totalité. Il faut au moins un sujet témoin avant de répandre une pathologie potentiellement mortelle. Il faut dire qu'il n'y avait pas grand monde à bord, pas assez de cobayes... Il faudrait y remédier, et surtout ne pas tuer les vivants actuels afin qu'ils aient des chances de rameter du monde. Il regrettait un peu de ne pas avoir pris la peine de descendre à terre pour recruter par la peur quelques nouveaux marins. Il y a milles façons de convaincre les hommes, et les plus douces ne sont pas toujours les plus efficaces. Mais non, pas question de la laisser tuer le peu de sujets d'expérience qu'il lui restait. Le diable commence lentement à défaire les corde qui le maintiennent en place, prenant garde à ne pas traverser la cabine comme un pantin désarticulé. Avec tous ces chaos... Et comme il tente d'impressionner, ce genre de joyeuses glissades ne serait vraiment pas à propos. Ses yeux blanchâtre ne quitte pas la patiente. Il l'enchaine bine mieux que les cordes qui la retiennent par un simple regard.

- Ce foutu moribond attendra... Tu vas m'expliquer ce que tu as fait en détails, je ne le répèterai pas une troisième fois. Et détrompe toi, personne ici n'ose s'opposer à mes choix. Si tu meures, ils n'y trouveront rien à redire et tu m'intéresses bien autant vivante que trépassée. Tu n'es plus sur la terre, vermine... Les lois ne sont plus les mêmes et la valeur même de la vie a changé.

Pour sûr, maintenant, il ne va pas la détacher. Elle est dans son domaine et hors de question d'y laisser qui que ce soit en liberté. Un sourire malsain lui vient aux lèvres comme il imagine avec un certain plaisir ce qu'il pourra faire de cette étrange serpentine si elle venait à lui résister. Il ne la tuerai pas de suite, oh non... Jamais. Ce serait un gâchis phénoménal, ce n'était pas comme si il avait des cobayes à profusion. Bien sûr, ce n'est pas tout à fait vrai, sa vie l'intéresse également beaucoup. Mais en effet, si elle venait à périr pour une égratignure, peu trouveraient à y redire, et très vite l'incident serait oublié. La frontière entre le mensonge et la vérité... Il avait horreur de s'y aventurer.

- Étudier le passage de la vie à la mort... Je pourrais bien expérimenter ce principe sur toi, pauvre salamandre aliénée. J'en maîtrise plutôt bien le principe. J'ai en revanche plus de mal à faire l'inverse, mais si ta croyance est assez forte pour essayer, tu peux te passer de réponse et attendre...

Sur ses fâcheuses réjouissances, le malade laissa échapper un râle de souffrance et tenta de se retourner sur le flanc. Les remèdes ne semblaient plus vraiment faire effet... Son état était même très clairement en train d'empirer. Le Doc' ne se retourna même pas même si il en mourrait vraisemblablement d'envie. Fichue serpentine. Il était forcé pour la survie de son troupeau de s'en occuper alors qu'il avait un sujet mure à point sous la main. Su mure qu'il risquait de ne pas le rester longtemps... Ce n'était pas un problème en soit, mais il serait trop dommage de louper cette étape ! Non, il ne la laisserait pas s'en sortir de si bon compte pour un attrayant râle d'agonie. Mais... Pourvu qu'elle parle vite, cette bougresse ! Laissant tomber au sol la corde qui l'attachait, le monstre se releva tant bien que mal, s'accrochant de toutes ses forces à une étagère. Pas question de se laisser immobiliser par la tempête, mais quand même...Il n'était pas très stable sur ses appuis et ne serait pas fâcher de se rattacher.
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Sam 3 Déc - 19:50

- La valeur même de la vie a Changé, corrige machinalement l'impertinente petite changeuse du bout des lèvres. Comme si elle percevait dans l'intonation du médecin un détail qui manque.

Et waho, tout se mélange d'un coup ! Quand le docteur a les papilles qui démangent, il goûte à tout. Ou il touche à tout. Enfin bref, il se retrouve au four et au moulin. D'un côté pour cuisiner un futur-cadavre très prometteur en terme de mortalité prochaine. De l'autre pour brasser de l'air avec une hypnalisine hyperventilée et un peu gonflée. Il faut bien l'admettre, Constance ne se mouche pas dans son coude dès qu'elle voit un nez crochu s'avancer d'un air rapace.

- Il va mourir, prophétise la petite mignonne d'un air badin. Le même qu'on prendrait pour signaler que le poulet est un peu trop cuit, dommage, la chair était tendre.

A ce stade, elle pourrait sans doute jouer là-dessus pour esquiver les questions du toubib sur ses propres affaires. Elle a l'avantage de ne pas avoir deux marmites sur le feu. Alors elle pourrait sans doute forcer le médecin moche à lâcher du lest et remiser sa curiosité à plus tard.

Mais justement, Constance n'est pas de cette peau là. Elle a plutôt tendance à balancer sa confiance à l'emporte pièce, à brûle-pourpoint, à l'aveuglette, à tout ce qu'on veut du moment que ça n'implique pas de réflexion préalable. Et puis n'importe comme, elle commence à se dire qu'elle l'aime bien ce croûton croûteux. Peut-être un peu pervers, un brin vicieux, très autoritaire, ombrageux, le caractère d'un troll sous la pluie et le charisme d'une banane affligée d'une décennie de sécheresse au soleil… bref, tout ce qu'on attend d'un homme de l'art.

- Oh, alors pour faire vite. J'ai juste Changé un peu de grain à moudre. Pas de quoi en faire tout un plat. (Un clin d'œil). Et ne me traite pas de salamandre comme ça, c'est vexant. Je pense qu'il aurait besoin d'une bonne dose de stimulant.

Et voilà, tout mélangé. Bon appétit bien sûr. Mais la fête ne serait pas complète si en cet instant, Constance ne gesticulait pas avec ardeur pour tenter de se libérer de ses liens. Entreprise vaine mais qui ne tente rien n'a rien.

- Faut que je te fasse un autre bisou pour que tu me libères ? Si je t'aide pas, on saura jamais ce qui a Changé chez lui.
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Sam 3 Déc - 20:38

Les explications ne lui suffisent pas, mais le diable ravale ses questions. Le sujet d'expérience est en train de lui claquer entre les doigts, après toute l'attention qu'il a porté à ce pauvre bougre, ce serait vraiment bête de le laisser partir sans rein tenter pour pimenter ce passage. Sa mort ne gène pas tant l'affreux médecin même si il préfèrerait l'étudier sur le long terme, mais ne même pas profiter des ses longs soins fastidieux... Ce serait trop dommage. Bien, il pourra toujours interroger sa patiente plus tard, seulement, il n'a pas tellement envie de détacher sa patiente. La confiance, il en connait bien les principes, mais de là à s'y laisser aller, il y a un monde. Pourtant, une ressortissante d'un culte d'illuminés doit bien savoir ajouter quelques petites touche épiques à la mort de ce pauvre bougre. Voir peut être le sauver ? Qui sait ? Ou le ranimer après la mort ? Bien plus intéressant encore...

- Garde tes frivolités pour le patient, trainée. Tes baisés empoisonnés ne changent rien aux faits.

Il hésite un instant, puis s'approche en tanguant. Lâcher le loup dans la bergerie... Quelle folie ? Mais sa passion pour la science ne lui laisse pas vraiment le choix. Il pose une main ferme sur le poignet de la belle, s'apprêtant à délier la corde, mais ne le fait pourtant pas. Encore un petit détail avant de la laisser en liberté... Quelques règles à poser pour éviter à l’impertinente de s'enflammer.

- Tu vas pouvoir le stimuler comme bon te semblera, mais au moindre écart, tu retournes dans les limbes et je ne garantis pas ton état quand tu en sortiras. Tu es ici chez moi, donc ne va pas commencer à fouiner partout, tu pourrais très vite le regretter.

Un regard froid et vide, puis les liens se desserrent, laissant l'hypnalisine libre bien que nue comme un vers. Le monstre extirpe d'une caisse adjacente une sorte de robe informe et blanche. Une tenue de malade sans attrait, mais au moins pratique et propre à couvrir le corps. Il l'envoie à sa patiente sans un mot, bien peu intéressé par ce qu'elle en fera. En tant que médecin, ce n'est pas la nudité qui le choquera... D'autant plus qu'il n'est pas étranger à celle de cette femme. La beauté dénudée ne l'a jamais séduit, ce n'est pas ce qu'il recherche chez un être du sexe opposé. Il est bien d'avantage touché par des idées. Le temps qu'elle se débarrasse des cordes qui lui lient les pieds et qu'elle se rende compte qu'il est loin d'être aisé de tenir debout sur un sol si instable, le Doc' est déjà près de son patient. Il farfouille dans une caisse entrouverte, en sort une seringue et un flacon, et prépare rapidement une injection. Si elle n'améliore pas l'état du malade, elle pourra au moins le calmer le temps qu'il trouve mieux... Ou pire.

- Venez donc, toi et ton venin... Il devrait se calmer.

Le démon dément pose une main délabrée sur la gorge du jeune homme et celui ci semble s’apaiser. Le geste n'y est pour rien, il serait plutôt propre à donner d'effroyables cauchemars, mais l'injection semble efficace. Un peu trop peut être... Le patient est si faible que les effets du remède sont décuplés. Doc' fait une grimace, ce n'est pas bon signe. Mais au moins le pouls s'est calmé. Il dort... Et risque bien de perdre la vie avant de se réveiller. Sur la corde raide ! Des situations comme le chirurgien les aime. Il va pouvoir jouer de toute l'étendue de son art sur ce cas là. Seule ombre au tableau, il a déjà essayé la plupart des substances habituellement efficaces et ne connait rien à la pathologie qu'il vient lui même de créer. Mais si ce n'était pas le cas, jamais il ne se serait risqué à libérer cette chère et impertinente serpentine.
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Dim 4 Déc - 20:57

Le stimuler comme bon lui semblera ? Mais de quoi il parle au juste ? Constance est prise d'un léger doute quand à ce qu'on attend d'elle, nue et enfin libre. Mais elle se détrompe rapidement lorsque le toubib lui tend une tunique râpée. Elle l'enfile par la tête et saute finalement victorieuse au bas de sa couche… pour se rétamer la paroi de la cabine une seconde plus tard.

Elle fronce les sourcils en se frottant la tête. Son pansement est très légèrement tâché de sang, comme si la blessure pourtant superficielle de l'hypnalisine était encore ouverte. Constance le gratte une fois de plus sans y penser et après un bref tour d'horizon pour repérer les points d'ancrage, commence à s'intéresser au malade.

- Bardzague, il a reçu lui…

Façon de dire qu'il a une sale gueule. Ce n'est pas tellement le fait qu'il soit blessé, mal portant ou altéré par on ne sait quelle substance. Non, c'est juste qu'elle le trouve moche. Pas le même genre de laideur, fascinante d'intensité, que celle du docteur. Il y a sur la trogne du toubib tellement de détails repoussant qu'ils constituent une sorte curiosité locale. On ne peut pas croire que tout ça peut coexister sur un même faciès jusqu'au moment où on le rencontre.
En revanche, le patient a simplement les traits grossiers et disharmonieux. Un mélange de l'empâtement paysan borné et de la grimace simiesque d'un bourgmestre pointilleux.

Elle soupire. Ce genre de type, le Changement ne s'y intéresse pas. Ils sont immuables. Ils incarnent le poids mort de l'espèce humaine. Sa lie. Le fond gluant auquel on n'accorde même pas un regard. Alors franchement, elle n'a pas vraiment envie de faire quoique ce soit pour l'aider.

Et ça tombe bien, parce que de toute façon, elle n'y connaît rien. Elle le dévisage plus franchement et, sous l'impulsion d'un tangage plus violent que les autres, se retrouve le nez collé à son torse. Elle y applique trois doigts et réfléchit un quart de seconde. C'est bien assez pour ce qu'elle veut faire.

Il y a un peu de sang artériel à la commissure de ses lèvres. Elle s'en éponge un peu sur la pulpe de l'index et le porte à sa bouche. Diverses choses lui montent à la tête. Des substances mélangées, du vaporeux, de l'inconstance. Ça ne lui apprend rien de significatif mais ça lui confirme au moins une chose :

- Pas bon…

Elle grimace. Le sang, c'est trop chargé pour être agréable sur la langue. Elle s'agrippe au rebord de la couche. Il y a quand même quelque chose d'étrange. Un sur-goût mutant… une sensation hybride qui ferait naître des épices sur des bourgeons de lierre… oui… c'est la marque du Changement !

- Je sais ce qu'il a.

Elle sourit. Elle ne peut absolument rien pour ce type. Il est entre les mains du Grand Altéreur. Alors spontanément, elle bouge sa main droite et tente d'attraper un flacon sur une étagère.

- Il me faut ça !
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Dim 4 Déc - 23:04

Elle n'a pas tellement l'air de savoir ce qu'elle fait, la gueuse. Enfin, elle est sûre d'elle, pas de problème sur ce point ! Mais... Un flacon d'extrait d’écorce de saule ? Le patient a depuis longtemps dépassé le stade où un tel produit peut avoir une quelconque efficacité. Dans l'idée, oui, ce remède permet de faire tomber la fièvre, et le malade est presque en train de se déshydrater par évaporation. Enfin, n'importe quel bas médecin de campagne penserait à utiliser un produit plus violent que ce simple flacon. Il est tout bonnement en train de mourir ce gars. Les tremblements se sont un peu apaisés avec la forte dose de calment qu'il lui a injecté, mais son calme apparent ne change rien à son état. Si le Changement en est resté aux remèdes primitifs, il ne présente pas un grand intérêt. Enfin, qui sait ? Elle compte peut être utiliser des talents plus ou moins magique ? Avec une moue de désapprobation, le monstre extirpe le flacon de la caisse et le pose brutalement à coté de la tête du patient.

- Voilà ton jouet, gamine. Mais si tu sais ce qu'il a tu sais aussi que ce flacon ne servira pas à grand chose.

D'un geste rapide et assuré, l'abominable médecin soulève rapidement une des paupières du malade. La pupille est si dilatée qu'elle recouvre entièrement l'iris. Sauf miracle, il va claquer. Mais sait t-on jamais ? Il n'aurait pas tenté l'expérience malgré la diminution catastrophique de son stocke de rats si il n’espérait pas un miracle. Et franchement, vu l'état de la jambe de ce pauvre bougre, il ne serait pas rester sur le navire celui là de toute manière donc autant l'exploiter à fond. Au moins, elle demande avant de se servir, l'hypnalisine, même si il n'est toujours pas convaincu de son efficacité. Oh, il n'attend pas qu'elle le guérisse. Si il survit, ce sera un plus, mais si il guérit sans que rien de spécial ne se passe, ce sera juste inintéressant. Une belle petite métamorphose, pas forcément ostentatoire, avant un dernier râle d'agonie aurait aussi son charme pour cette première soirée au coin du feu. Les lèvres, blanchâtre. La langue, gonflée et très rouge. Il est bien partit pour crever sans rien donner de bien passionnant ce déchet humain ! Avec un grognement outragé, il se décide enfin à donner à Constance les informations qu'elle a sans doute devinée, parce qu'au fond, s'occuper d'un patient sans bien savoir ce qu'il a, ce n'est jamais très efficace.

- Même pure, de l’écorce de saule ne fera rien contre les ravages de ton sang.

Il réfléchit un instant et saisit une seringue qu'il plonge avec précision dans le veine du moribond pour en extraire une bonne dose. Du sang dilué, et plein de bien d'autres substances... Voilà qui pourrait avoir un effet intéressant. Sans faire attention à ce que pouvait bien trafiquer sa coéquipière improvisée, il fouine dans la caisse pour en sortir un flacon, qu'il remplit des 200ml de sang qu'il vient d'extraire. Au moins, il aura laissé quelque chose derrière lui, et cet échantillon était bien plus précieux que quelques exploits inutiles. Le monstre range méticuleusement le prélèvement dans une autre caisse, et plonge la seringue dans une troisième remplit de liquide fortement alcoolisé.

- … Les autres... Hum... Dilué... Effet moins fort... Mouais... Foutu poisson crevé...

Quelques grommellements sans sans queue ni tête franchisse les lèvres gercées du démon alors qu'il fomente son prochain assassina. Puis il lève à nouveau son regard vers Constance et un pâle sourire tout droit sortit d'un cauchemar bien cloque lui éclaire le visage. Plus dilué... Ou pas assez. Avec le Changement, on ne sait jamais. De toute manière il est foutu ce cobaye, alors autant tenté toutes les horreurs qui peuvent traverser son tortueux cerveau enfiévrer. Quand le Doc' est d'humeur expérimentale, il ne fait jamais bon se trouver à coté. Les dernières expériences avaient raviver son obsession. Presque frénétique tout à coup, il tire sur le filet pour extirper une autre seringue qui paraît bien grande quand il pose un regard sadique sur l'hypnalisine. Incroyable de voir à quel point le perception de la taille des objets peut être altérée par la direction du regard de celui qui les tient. Il ne vaut mieux pas avoir peur des aiguilles avec un tel médecin. Sa main blafarde se tend comme une serre vers sa victime, et il attend, un instant.

- Ton bras.

Pas vraiment besoin d'explication, le geste parle par lui même...
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Lun 5 Déc - 21:41

Ah de l'écorce de saule, voilà, très bien. Constance referme sa menotte dessus avec une assurance totalement infondée et entreprend de déboucher le flacon sans en foutre de partout, ce qui n'est pas une mince affaire.

Ensuite, et bien tout est affaire d'improvisation. Le Changement aime les rituels, même s'ils n'ont aucun sens. Surtout s'ils n'ont aucun sens en fait. C'est la fraction chaotique qui doit présider à toutes les actions un peu mystiques. Mais en fait de magie, Constance ne dispose pour le moment que de sa faible aura naturelle des changeurs de la main. Entrée en phase Bruyère, elle n'est plus capable de dépenser de l'énergie pour provoquer des Décharges de Négativité et autres Singularités de Constante.
Mais ça n'a pas vraiment d'importance, elle ne s'est jamais trop reposée sur ses pouvoirs. A toutes ces choses intangibles, elle préfère largement ce qui se palpe, ce qui laisse des traces au bout des doigts. Elle veut tripatouiller, s'y plonger jusqu'aux coudes en attrapant peut-être un ou deux fragments de connaissance au passage avant que tout ne cède, ne craque, ne se perce ou ne se vide. Elle a au moins ça de commun avec l'autre affreux ; la passion de l'expérimentation libre.

Mais alors qu'elle s'apprête à procéder à une manipulation quelconque sur le moribond, deux mots s'interposent en barricade congelée. Son bras. Elle tourtne la tête. Il ne faut pas plus d'un papillonnement de cil à Constance pour repérer la seringue trop grosse et l'air affamé de son détenteur. Un bout de langue à la commissure des lèvres, elle fait la moue. Parfois, il faut savoir cogiter à toute vitesse.

- D'habitude, seuls les haut changeants peuvent ponctionner le sang d'un autre changeant. C'est un principe cascadant.

Elle semble soupirer, puis retrousse sa manche sur son coude encore enrobé de pansement et le tend mollement dans le vide, suspendu, balancé au gré des vagues.

- Mais je t'aime bien… alors le Changement m'autorisera peut-être une exception.

Et puis, hésitante, elle referme ses doigts et se rétracte très légèrement. Sa tête dodeline, faisant caresser ses courtes mèches brunes sur son nez.

- Simplement. Il faut que tu saches que ça va me tuer. Les hypnalisins ne se régénèrent pas. Nous supportons mal l'affaiblissement et dans ma condition actuelle, je ne survivrai pas.

Ses yeux expriment un sincère regret. Elle continue de mentir doucement :

- Tu ne rencontreras sans doute pas d'autre spécimen que moi. Alors tu préfèreras peut-être l'autre solution que de mettre un terme à ma personnalité et à tout ce que je pourrais t'apporter tant qu'il me reste un souffle d'air dans les poumons. D'ailleurs, ce qui tue ton patient, ce n'est pas mon sang, c'est le Changement qui l'affecte. Le Changement dont je suis à la fois la compagne et la rejetone.

Elle penche légèrement la tête, ourle ses lèvres d'un sourire plutôt gentil et laisse paraître sa langue furtivement avant de la ravaler. On dit que les hypnalisins ont un regard étrange, certains le travaillent. En tout cas, Constance y instille tout ce qu'elle peut de passion. Elle veut le coller dos au mur : soit il décide de planter sa vilaine aiguille, soit il ne lui fera plus jamais rien. QUitte ou double ? Ça semble à peu près cohérent pour le moment.

- Si tu faisais partie de l'Ordre, tu aurais le pouvoir du Changement en toi. Sans avoir besoin de le tirer de quelqu'un d'autre. Tu pourrais directement l'injecter sans passer par une substance malcomode. Il suffit d'y croire.
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mar 6 Déc - 10:42

La pauvre petite chose... Doc' ne veut pas sa mort, mais elle a oublié le détail qui fâche : il est médecin. Une nuit d'inconscience a suffit au bourreau pour savoir ce qu'il peut faire subir a sa belle patiente sans vraiment lui porter préjudice. Elle ne se régénère pas ? Mensonge... Croit t-elle vraiment qu'il n'a pas changé une seul fois son pansement ? La guérison est lente, mais pas nulle, et il est pratiquement impossible qu'elle ne le sache pas. Mensonge, mais un mensonge si mignon de la part d'une changeante qui s'amuse à expérimenter des recettes louches sur un équipage entier. Le diable en aurait pleuré de rire s’il ne tenait pas tant à afficher une tête d'enterrement en toutes circonstances. Mais si elle veut jouer sur les mots et les formes, il se fera un plaisir de lui répondre. On n’échappe pas aussi facilement aux piqures du docteur. Son sourire s'élargit, dévoilant des dents branlantes et jaunâtres qui commencent à virer au blanc. Il n'a pas eu le temps de se préparer ce matin, le monstre. Ses caries d'hier commencent à disparaitre.

- Vraiment, morveuse ? Je ne connais aucune espèce qui, aux portes de la mort, se montre fraiche et frétillante comme un gardon. Si tu veux abuser un aveugle boiteux, trouve mieux...

L'aveugle boiteux en question lui saisi le bras avec une précision que ses yeux éteints ne devrait pas lui permettre et pose la seringue sur la peau lisse et froide de l'hypnalisine. On pourrait presque croire qu'il s'amuse, le vieux dément. Personne n'avait encore osé lui servir un mensonge plus élaborer que "non non, j'ai plus mal", alors pour une fois que quelqu'un s'y risque, il a bien l'intention d'en profiter.

- Ta sollicitude me touche, fillette, mais je crois que le Changement me pardonnera sans mal quelques expériences houleuses, s’il apprécie l'étude des passages. Et je sais parfaitement ce qui tue cet homme. Injecter du sang de serpent dans des veines humaines n'a tout simplement aucun effet autre que de le rendre malade. Tu devrais être heureuse que j'offre à ton époux un lien plus fort avec ce déchet humain. (Sa voix devient encore plus satyrique) Si le Changement croit en toi autant que tu crois en lui, il relèvera cet homme à son service et tu auras au moins un convertit.

L'allusion est on ne peut plus claire. Le démon a parfaitement compris ce qu'elle cherche à faire. Ce n'était que trop évident. Mais il ne criera pas à la gloire du Changement pour les prières d'une belle dont il n'a pas même pu constater les dons. La croyance est une option qu'il compte bien étudier. Sait on jamais, peut être lui donnerait t-elle un pouvoir encore plus étouffant. Mais si l'entité divine les regarde, elle doit bien se douter que sans une véritable manifestation, le Doc' ne sortira pas de ses gonds. Sur cette tirade grinçante, il plante l'aiguille dans le bras de sa victime et lui prélève ce fluide changeant. Constance pourra constater avec soulagement qu'il est loin de remplir la seringue. Il sait quand s'arrêter, ce bougre mécréant. Un simple étourdissement accueille le prélèvement, et déjà le médecin lui presse un linge sur le bras. Posant la seringue sur le ventre du moribond, il place la main de sa collègue sur le tissu légèrement teinté de pourpre et lui montre par le geste la pression à y appliquer. Ce n'est presque rien, dans dix minutes tout au plus, en tenant compte de la lenteur de guérison de la femme serpent, il ne restera qu'une fine croute sur une tache bleuté qui disparaitra dans la soirée. Déjà, le savant fou se penche sur une nouvelle victime avec avidité.

Lentement, il injecte la moitié du sang froid, perçant la peau au niveau du cou pour que le liquide atteigne le cœur plus rapidement. Pour avoir disséqué plusieurs corps humain, il sait où trouver les veines clef. Puis il retire la seringue, hésitant. Cet esprit faible, le Changement n’aurait aucun mal à le récupérer s’il le souhaitait, reste à attirer son regard et à lui donner un sujet intéressant. Le médecin n’en connait malheureusement pas assez sur cette divinité pour savoir l’appeler. Se convertir ? Oui, l’idée l’amuse, mais il est tellement plus plaisant de se servir des forces des autres pour atteindre son but. Eviter une piqure douloureuse à une pauvre demoiselle, ce n’est pas une bonne raison. Il fait tourner quelques instants le liquide pâteux dans sa prison de verre et approche l’aiguille des lèvres du patient. De ce qu’il en sait… Pourquoi pas ? Le sang de l’hypnalisine lui coule entre les lèvres. Comme brulé à vif, le moribond est pris d’une convulsion et se met à tousser, s’étouffant à demi avec cette boisson empoisonnée. Alors qu'il retombe, suant de plus belle, un choc se fait entendre sur la porte. Grognant et pestant contre l'importun, le seigneur de l'infirmerie se redresse laborieusement et entrouvre la porte, laissant toute latitude à sa coéquipière pour martyriser le patient.


- Qu'est ce que tu fous là, vaurien...

Derrière la porte, Mousse n'en mène pas large et il n'a aucune envie d'entrer dans l'antre du démon. Il tient dans ses bras une fillette aussi grande que lui, bien que plus légère, et s'accroche comme il peut au battant de la porte. Tous les autres ont décampé, le laissant seul avec la pauvrette quand il s'est agit de l'amener à l'infirmerie. Poltrons ! Enfin, il n'est pas rassuré non plus. Flageolant sur ses jambes, il tend l'enfant inconsciente à Doc', espérant pouvoir disparaitre au plus vite. Il n'a aucune envie de la laisser à ce bourreau... Au fond, il l'aime bien. Il dois dire quelque chose pour la protéger... Dur.

- Elle s'est écroulée sur le pont. Le capitaine va vouloir lui parler après.

Voilà... Au moins il devrait la laisser vivante, enfin normalement. Puis vu la lumière qu'il y avait sur le pont, il y a de bonne chance qu'Embrun veuille en effet lui parler quand elle sera réveiller. Puis sinon... Il est mal. Il n'a vraiment pas envie de se mettre le Doc' à dos. Le monstre ramasse la fillette à demi écroulée sur le sol et tente de faire semblant d'avoir la force de la porter, au moins devant le marmot qui a réussi à la trimbaler en pleine tempête de la cale à l'infirmerie. Mine de rien, ce n'est quand même pas si prêt. Il est plutôt costaud ce petit, trop pour son age même, et encore plus trop pour le pauvre vieux démon faiblard. Il claque presque immédiatement la porte au nez de Mousse pour cacher sa faiblesse et ses expériences. À nouveau enfermé dans l'infirmerie... Le courant d'air de liberté est passé bien vite, mais au moins y a t-il une autre captive sur laquelle reporter l'attention du dangereux chirurgien. Il pose d'ailleurs Edelween sur le lit où était précédemment étendue Constante et l'examine très brièvement. Pouls normal, respiration régulière, elle dort. Ou du moins elle dormait avant que le moribond ne pousse un râle de douleur. Une corde enchaine très vite la fillette pour lui éviter d'être envoyé contre les parois par les chaos du navire, et le monstre retourne vers sa première victime.
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Le Changement
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mar 6 Déc - 16:20

Alors que le médecin était en train de s'occuper de la jeune fille, Constance sentit alors une absence de mouvement de son patient. Un rale, un soupir, un dernier soupir, dans lequel le corps du pauvre homme s'écroulait, échappant enfin à l'agonie d'une auscultation faite par les deux laborantin à moitié maboule qui lui injectaient des choses bizarre dans le sang, en particulier un sang de changeante. Il ne respirait plus, inerte, le regard vide la bouche encore ouverte, totalement achevée, il ne subsitait alors qu'un léger son dans le torse du cadavre, preuve que tout ses muscles s'étaient "relachés". Piètre image pour le mourant, car malgré ce que pense certains, on ne nait pas poussière et on ne redevient pas poussière tout de suite. Conclusion pour Constance et Doc, il allait y avoir du nettoyage, sinon l'odeur risquait de s'incruster sévèrement.

Cette conclusion passée, il n'en restait pas moins un fait bizarre : sous la main de Constance, de l'autre coté de la peau du macchabée, une chose continuait de bouger. Une chose qui, non content de bouger, semblait la suivre, à l'instar d'un aimant séparé par un morceau de papier. Elle le sentait, le changement qui avait été contenu dans son sang ne s'était pas répandu dans tout le corps, mais plutot dans le système sanguin pour ensuite se diriger vers un endroit précis. Le ventre, ou plutot les entrailles du pauvre bougre. La puissance du changement s'était alors réuni dans une forme étrange, comme une sorte de ver. La chose bougeait, se tortillais afin que ce qui semble être sa tête soit toujours auprès de Constance. Le Changement attire le Changement. Mais si tout changeait sans arrêt, le changement ne se lancerait il pas dans une sorte de spirale aléatoire et mais surtout naturelle ? Originelle ? Un sifflement se fit alors entendre alors que la forme s'échappait du corps par la voie la plus ... salissante. La chose allait à une vitesse folle, elle se glissa dans le pantalon du mort, glissa hors de la table pour sauter alors sur l'épaule de la cultiste du changement. La bête était vive et surtout particulièrement agressive, déjà une étreinte poisseuse se faisait sentir sur le cou de la prêtresse. La chose s'était alors bien enroulé et placa alors sa gueule devant les yeux de sa prisonnière. Une créature étrange, un corps de serpent surmonté d'une crête épineuse. Sa tête était d'ailleurs presque draconique, une collerette semblait s'être dressée, comme celle d'un cobra, mais avec la peau nervuré d'ossement. Deux yeux reptiliens étaient là, menacant au possible, mais le plus intriguant était l'émeraude qui semblaient avoir été fusionné avec l'os de son crane. Ses crocs se retractaient à la manière de ceux d'un serpent, mais ils étaient pas en ivoire mais dans un métal chromé.


"Ainssssssi tu t'amuse à disssstribuer ton ssssang comme sssss'il n'était pas précccccieux. As tu envie de mourir, prêtresssssse ? Je pourrais t'ouvrir la gorge, ou alors te laissssssser ssssuccomber à mes crocs"

Aucune bouche n'avait parlé, la voix semblait résonner directement dans le corps, voir l'âme de la jeune femme. Pourtant Constance en était sûre, elle provenait de la créature, voir même de l'émeraude. C'était une voix rauque, qui semblait se briser à chaque fois qu'il montait trop haut, comme la voix d'une personne malade. Mais il fleurtait avec la limite, rendant son élocution inquiétante, menacante. Qui peut savoir ce qu'une créature venant des entrailles d'un macchabée pouvait bien vouloir, si ce n'est punir une disciple inconsciente

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Constance de Négativité
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mar 6 Déc - 18:14

Non seulement il ne mord pas à l'hameçon, mais en plus il rétorque avec le sien… autrement plus piquant ! Constance tressaille lorsque l'aiguille s'enfonce sous son épiderme, réprimant une furieuse envie de gesticuler pour s'échapper. Mais elle sait qu'elle ne doit pas bouger. D'une part parce que ça ne ferait que rendre le toubib plus furieux, d'autre part parce qu'elle sent qu'elle est sur le point d'arriver à ses fins. D'ailleurs, il le lui confirme. Oui, il est mûr pour l'embrasser, cette religion fabuleuse. Alors si pour ça il lui faut encore payer une obole de ce précieux liquide carmin, Changement en soit ainsi.

Mais ça fait quand même beaucoup pour une seule séance…

Soulagement lorsque la seringue se retire à moitié pleine et curiosité lorsqu'elle est transplantée dans l'artère du cobaye. Constance se rapproche à la manière d'un rongeur intrigué, le museau frétillant d'expectative, pressant toujours son tampon contre la saignée du coude. Il lui en fait boire ?? L'hypnalisine fronce ses épais sourcils. Le sang a tellement mauvais goût… Il n'a pas l'air d'aimer ça lui non plus. A sa manière de ruer dans le brancard, il donnerait du fil à retordre à un fossoyeur. Mais pas longtemps ; ce genre d'hystérie brûlante enchaîne assez bien sur la rigor mortis en général. Pas besoin d'être calée en médecine pour comprendre qu'il va claquer.

- Tu m'en diras tant, murmure t-elle avec connivence.

Lorsqu'on toque à la porte, elle tourne la tête mais se fait reléguer en arrière plan par les gesticulations affairées du squelette cataclysmique qui règne en maître dans cette cabine claquemurée. Bonne affaire, pendant que le fumeux pharmacien cause boutique avec l'un des marins du Zéphyr qui apporte, semble t-il, d'avantage de matière vive, elle a le champ libre !
Alors elle commence par poser deux doigts de sa main droite sur l'angle formé par la nuque et l'épaule du triste patient. Il le bouge presque plus. Son pouls s'étiole comme la corolle d'une fleur soufflée par le vent. Elle laisse descendre son index le long de la traînée rouge vive de la carotide enflammée par l'injection du sang pourtant si froid de la serpentine.
La poitrine ne se soulève qu'à peine. Elle penche la tête pour écouter le laborieux filet d'air creux qui passe encore entre ses lèvres. Une respiration si faible ! Elle lui évoque inexplicablement la couleur jaune. Ce jaune maladif qui creuse à présent les joues cireuses du sujet.

Il ne bouge plus. Il part. Il s'évapore…

Et puis, alors qu'elle est presque couchée sur lui, elle perçoit quelque chose sous sa main droite. Un mouvement animé d'une volonté subtile et propre. Ça bouge. Ça rampe sous sa peau ! Les yeux de Constance renvoient un éclat intrigué mêlé d'excitation. Elle laisse à nouveau glisser sa main sur le ventre, caressant doucement cette peau perlée de sueur. Elle étale ses doigts pour mieux sentir. Elle passe sur le nombril et s'attarde là. Oui là. Il se passe quelque chose. Quelque chose de délicieux…

Un papillonnement de cils plus tard, à demi-étranglée et entortillée par les écailles d'un reptile-joyau, elle hoquète. La basse-changeante cligne deux fois des yeux sous la surprise mêlée de douleur. Des sentiments ultra-contradictoires la traversent : la joie catastrophée, la terreur gracieuse, la ferveur angoissée. Tout ça se mélange et ne s'attarde pas même un instant dans son cœur, Changeant sans cesse de direction pour rebondir dans toutes les directions et provoquer des secousses anatomiques incontrôlables. Elle gargouille de l'estomac, prend une crampe à l'orteil gauche et une démangeaison dans l'oreille droite. Elle sourit, se crispe, ne sourit plus. Elle tique. Elle ravale un filet de salive tant bien que mal. Il est magnifique. Sorti du fondement fécal, parfait de tranchant, d'éclat racé, de race mortelle.

Et finalement, elle se reprend. De la main gauche, Constance forme les cornes de Calutanar. Elle met un genou à terre, toujours péniblement consciente des crochets acérés qui menacent l'intégrité de sa gentille frimousse. Le dos voûté, ballottée par la tempête qui fait rage au dehors, elle replie le bras droit devant sa poitrine, sa main gauche alors rejetée en arrière, vers le bas. Elle articule la formule de respect rituelle d'une voix rendue rauque par l'étreinte écailleuse :

- La servante du Changement attend.

Constance pétille littéralement d'un sourire perfusé à l'adoration. C'est la toute première fois que l'on s'adresse ainsi aussi directement à elle ! C'est un intense honneur et une immense horreur ! En général, pour la plupart des gens, c'est aussi la dernière. Mais ça en vaut la peine ! Et la peine pourrait bien être sévère. On ne badine pas avec les créatures serpentiformes.

Et puis elle réalise qu'elle fait attendre le reptile et que, justement, c'est une des chose qui font qu'on se retrouve un jour, les yeux vitreux levés au ciel avec pour toute épitaphe deux trous noircis à la base de la gorge.
Elle ferme les yeux et prend le ton d'une humilité contrastée par l'évidente panique extatique qui lui dévore les syllabes.

- Du sang… des réponses, je n'ai pas de préfé-rence. Alors je préfè… donner des deux. Je sème des graines… Calatunïs. Je laisse les pousses (tousse) s'implan-hanter dans tout ce qui peut (theu) prendre… racine, substrat de vie ou de mort. Quelques gouttes… de suc pour répandre le Ch-ange-ment. Quelques gouttes d'une vie… pour amener des choses nou-velles. Pour apprendre. Pour comprendre… et pour faire apparaître ce qui est ca-haché.

Elle reprend son souffle laborieusement, sa tête dodeline à peine. Elle se sent de plus en plus faible mais elle continue, éraillée.

- Je suis… Constance de Négativité. Je t'en prie, Calatunïs, dis moi ton nom pour que je puisse mieux te servir.

Et puis, cette fois sur le ton plus formel d'un rapport circonstancié et millimétré :

- K'yotephugh ne s'est pas montré, Calatunïs. Je pense que la tempête, mauvais présage, l'aura dissuadé de s'approcher des côtes.

Et elle parvient cette fois à tout dire d'une seule respiration ! A cet instant, le roulis reprend ses droits et la déséquilibre assez pour l'envoyer dinguer sur le côté. La petite hypnalisine blêmissante aux entournures tombe sur le flanc, toujours enroulée par le reptile agressif qui pourrait bien décider de l'achever. Alors elle tâche de se relever, faisant fi des perles vermillonnes qui sanctionnent déjà ce brusque écart et révèlent que sa petite blessure s'est rouverte. Du sang, elle en perd encore.

[hrp : pour mémoire, K'yotephugh est le prétexte que j'avais utilisé pour nouer contact avec Embrun. C'est un tarasque (gros truc sous-marin) que je devais rencontrer].
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Edelween Deomestris
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mar 6 Déc - 23:34

Un cris ? non un râle plutôt.
Étrange bruit qui parvienne a percé les ténèbres qui l'entoure.
Odeur, mauvaise odeur, entre l'acre et l'acide plus un quelque chose d'indéfinissable, de putride..
Toucher, elle est sur un lit, pas bien épais mais plus moelleux que le pont du navire ca elle en est certaine, le lien qui la retiens est solide mais n'est la que pour éviter qu'elle ne soit envoyer a droite ou a gauche dans la piece.
Gout, le sel de la mer toujours présent entre ses lèvres.
Edelween entrouvre les yeux
Vue : de la lumière diffuse, une chandelle ou une petite lampe, une source de lumière c'est toujours rassurant.
Ouïe a nouveau : un déchirement ignoble, son corps se révulse par réflexe, un bruit comme celui là ne devrait pas exister

Sa vision se fait un peu plus clair ce n'est pas encore ca mais elle regrette quand même ce qu'elle commence a voir.
les deux humains ne sont pas pour la rassurer et l'odeur c'est faite encore plus forte.
Elle est trop faible pour hurler de peur mais le hoquet naturelle qu'elle laisse échapper est tout de même bien audible.

Elle n'arrive pas à crier mais elle n'arrive pas non plus a détacher son regard des deux humain et du serpent.
elle écoute avec une fascination mélanger a une certaine peur. par réflexe elle essaye de se sortir des liens mais si ils sont bien attacher elle est trop faible pour les enlever
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Embrun Sabredor
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   Mer 7 Déc - 18:23

Le démon s'immobilise à deux pas de sa nouvelle petite patiente. Oui, il espérait quelque chose, mais il ne s'imaginer pas une aussi incontestable manifestation du Changement. Enfin, quand on cherche à capter son regard, on ne s'attend pas à ce qu'il se pointe en personne à peu de chose près. Il ne tenait pas à ce point à recevoir une divinité ou un "truc" approchant dans son infirmerie, il n'avait même pas pu préparer les lieux. Enfin, il faut espérer qu'un serpent qui sort du fondement d'un malade n'est pas trop porté sur le confort. Cette bestiole ne semble d'ailleurs ni patiente, ni pacifique. Elle a même un petit arrière gout de danger avec ses yeux de pierres et sa crête dressée. Le vieux scientifique sait par expérience que ce genre d'attribut voyants désigne bien souvent des espèces venimeuse, et vu les réactions de la bête, il ne doute pas un instant que ce soit le cas pour cet unique spécimen. Unique... Quel dommage de ne pas pouvoir le mettre en bocal pour mieux l'étudier. Mais même si son esprit prend bien souvent des routes que le commun des mortels ne songerait même pas à emprunter, le Doc' n'est ni fou ni idiot, il perçoit parfaitement le péril que représente cette si petite créature serpentiforme.

Sagement, il reste en retrait, laissant Constance se dépatouiller tant bien que mal avec son supérieur. Même si le monstre ne les a pas entendues, les reproches du reptile sont pour le moins évidente. L'hypnalisine bredouille et se défend comme une enfant pris en faute, sauf qu'en fait de règle pour lui taper sur les doigts, elle a deux crochets venimeux à quelques centimètres du visage. Si le médecin s'amusait tout à l'heure du fanatisme de la jeune femme, il ne rit plus maintenant et pense très sérieusement à se convertir. Il est des créatures sur lesquels une malédiction bien placée n'a pas grand effet... L'affreux docteur ne souhaite vraiment pas mourir. Il a encore tellement à faire... Ne serait-ce que découvrir le secret de l’immortalité et tout. Ces choses là prennent du temps mine de rien, et il n'a donc aucune envie de se retrouver avec une espérance de vie de moins d'une seconde.

Pour vivre, il faut croire ? Ce ne sera pas difficile... Il l'a sous le nez le Changement ! Il y a des circonstance où on peut difficilement ne pas croire en un dieu. Et pour le coup ce n'est pas un simple tour de magie destiné à le convaincre, ou alors la jeunette aurait le pouvoir de créer la vie, ce qui ferait tout de même une bonne raison de croire en sa divinité pour ne pas avoir d'ennuis avec elle. Et maintenant ? Il a toujours été le maître des lieux... Et voilà qu'il se retrouve à rester immobile à l'écart pour laisser le champ libre à une bestiole ressemblant plus à un cobaye qu'à un puissant individu. Parfois, même le diable en personne dois faire des concessions. Un fin sourire lui vint aux lèvres. Tout compte fait, la situation n'est pas si mauvaise. Son expérience a dépassé tous ses fous espoirs et il a maintenant deux fanatiques à étudier. Le fait qu'il soit prêt à rejoindre leur ordre n'y change rien, il a bien l'intention de les observer pour comprendre les fondements de leur psyché.
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MessageSujet: Re: Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]   

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Sulfate dans la rate, Potassium dans le sternum. [Infirmerie du Zéphyr]
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